Les marins de la Royal Navy s’entraînent désormais grâce à un simulateur de passerelle en réalité virtuelle, leur permettant de manœuvrer un navire de guerre dans des conditions de haute vigilance, notamment lors du franchissement du détroit d’Hormuz, ou de traquer un sous-marin russe en Manche. Ce système a été développé par l’entreprise Metaverse VR, basée à Portsmouth.
Le simulateur de passerelle est déjà déployé sur plusieurs sites à travers le Royaume-Uni. Il place officiers et matelots sur la passerelle de différents types de navires, qu’ils doivent commander et naviguer, tout en faisant face à une menace simulée, qu’il s’agisse d’un bâtiment ennemi, d’un sous-marin ou d’un véhicule sous-marin sans pilote.
Présenté par Capita en collaboration avec Metaverse VR au Portsdown Technology Park, le système offre aux équipages un niveau de préparation à une confrontation en mer autrefois jugé inaccessible. Le dispositif intègre également une simulation de la salle des machines, permettant un entraînement complet.
Ce matériel est issu du projet Selborne, un contrat de formation de douze ans, piloté par le consortium Team Fisher mené par Capita, et qui court jusqu’en 2033. Metaverse VR fait partie des entreprises spécialisées travaillant dans ce cadre, ayant auparavant fourni une visite interactive en 3D pour la formation à la qualification sous-marine à HMNB Clyde.
Selon Capita, le simulateur de passerelle a doublé la capacité de formation à la navigation de la Marine royale. Ce partenariat exemplaire démontre qu’un grand donneur d’ordre peut tirer le meilleur des PME spécialisées de sa chaîne d’approvisionnement, prônant cette collaboration comme modèle pour le développement futur des capacités de défense. L’intérêt pratique est évident, car l’équipage peut répéter des scénarios dangereux à volonté, sans engager les coûts et les moyens logistiques inhérents à la mise en mer d’une frégate.
Dans un entretien précédent accordé au UK Defence Journal, Richard Holroyd, directeur général des services publics chez Capita, expliquait l’impact de la simulation et de l’intelligence artificielle sur les formations du programme Selborne : « Nous avons utilisé l’IA pour développer un outil d’optimisation des plannings. Il s’agit d’identifier la meilleure manière de structurer les modules de formation, d’appliquer la technologie à l’analyse des besoins, et de faire progresser les stagiaires plus rapidement sans compromettre la qualité ». Il soulignait que l’objectif ultime est simple : « Notre mission est de déployer plus rapidement un plus grand nombre de marins sur le terrain ».
Le simulateur de passerelle s’inscrit dans le cadre d’une transformation majeure. Le projet Selborne a fusionné 27 contrats de formation antérieurs en un programme unique couvrant 80 % des formations terrestres de la Royal Navy, réparties sur 14 sites et mobilisant plus de 1 500 formateurs uniformés et civils, travaillant désormais en équipe intégrée. Cinq ans après son lancement, Capita souligne que les outils numériques et l’IA ont réduit la durée de certains cours jusqu’à 40 %, tandis que le taux de réussite des apprentissages militaires s’élève à 76,3 %, contre une moyenne nationale de 65,4 %. L’inspection Ofsted a évalué la qualité de ces formations comme « bonne » à « excellente ».
Il est évident qu’un tel entraînement doit se faire à terre : nul ne pourrait simuler en mer une confrontation rapprochée avec un sous-marin russe à des fins d’exercice. Dans un environnement virtuel, les équipages peuvent faire des erreurs, analyser leurs échecs, puis recommencer jusqu’à la maîtrise totale du scénario.