Huit navires de transport amphibie conçus et construits au Royaume-Uni viendront renforcer la flotte amphibie commune entre la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. Chaque nation exploitera quatre unités, construites dans des chantiers navals britanniques dans le cadre d’un contrat de 2,4 milliards de livres sterling, a confirmé le ministère britannique de la Défense.
Cette précision, qui confirme des déclarations antérieures, a été donnée par le ministre de la Défense, Luke Pollard, en réponse écrite à Stuart Anderson, député conservateur, qui s’enquérait de la composition de cette nouvelle flotte amphibie conjointe avec les Pays-Bas. « Les forces britanniques et néerlandaises seront équipées de nouveaux navires de transport amphibie dans le cadre d’un partenariat maritime renforcé. Basés sur une conception néerlandaise, ces navires seront construits dans des chantiers britanniques en collaboration avec l’industrie néerlandaise, dans un cadre de 2,4 milliards de livres, un projet qui devrait soutenir des centaines d’emplois qualifiés au Royaume-Uni », a indiqué Luke Pollard. « Ces nouveaux bâtiments constitueront la colonne vertébrale d’une force amphibie renforcée entre la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, chaque pays exploitant quatre navires. »
Cette déclaration précise les contours du partenariat signé par le Premier ministre britannique Keir Starmer et son homologue néerlandais Rob Jetten, en marge du sommet de l’OTAN à Ankara plus tôt ce mois-ci. Longs d’environ 160 mètres et d’un déplacement de 15 000 tonnes, ces navires seront conçus pour transporter des troupes, des véhicules, ainsi que des équipements, notamment des drones. Leurs ponts d’envol seront adaptés pour faire décoller des systèmes sans pilote actuels et futurs à longue portée, en appui à la transition de la Royal Navy vers une flotte hybride. La mise en service est prévue au début des années 2030. Aucun des deux gouvernements n’a encore officiellement nommé ce nouveau design.
Pour la Royal Navy, ces navires répondent à la question laissée en suspens par la mise hors service des bâtiments de débarquement HMS Albion et HMS Bulwark, tout en marquant une évolution du concept de Multi-Role Strike Ship. Ils permettront de restaurer une flottille amphibie dédiée, autour de laquelle pourra se structurer la posture d’attaque littorale des Royal Marines. Exploiter une classe identique à celle de la Marine néerlandaise est au cœur du projet, car cela facilitera l’entraînement conjoint, le déploiement et le soutien logistique des deux flottes. Les forces amphibies britanniques et néerlandaises, qui coopèrent dans ce domaine depuis plus de cinquante ans, envisagent aussi de développer ensemble les technologies de drones et de systèmes sans pilote embarqués.
Sur le plan industriel, ce partenariat reproduit le modèle adopté avec la Norvège pour la construction des frégates de type 26, où des partenaires étrangers acquièrent des coques construites au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique présente cette série d’accords comme un signe de vitalité de son industrie navale, capable de décrocher des contrats d’envergure à l’export. Le programme amphibie devrait ainsi soutenir des centaines d’emplois hautement qualifiés, en plus des milliers générés par le contrat norvégien sur les frégates. Le choix des chantiers navals chargés de construire ces navires n’a pas encore été rendu public, une décision très attendue compte tenu de la concentration actuelle des productions des types 26 et 31 sur la Clyde et à Rosyth, où la capacité est un sujet particulièrement sensible.