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Le Centre de gestion du cycle de vie de l’US Air Force (AFLCMC), via sa direction Command, Control, Communications, and Battle Management (C3BM) basée à la Wright-Patterson Air Force Base (Ohio), a lancé une demande de renseignements auprès de l’industrie afin d’identifier des solutions envisageables pour un lanceur terrestre de missiles sol-air. À ce stade, aucune exigence formelle n’a encore été définie. Cette démarche vise à recueillir des informations techniques pour mieux cerner les capacités réalisables.

L’objectif principal est de pouvoir neutraliser des systèmes aériens sans pilote (UAS) de catégories 1 à 5, ainsi que des missiles de croisière. Cette nouvelle capacité viendra compléter des technologies existantes comme le système Tactical High Power Operational Responder, qui utilise l’énergie dirigée pour contrer les essaims de drones.

Les critères suivants, au nombre de onze, ont été identifiés comme essentiels pour le futur lanceur :

  • Types de munitions
  • Capacité de capteurs intégrés
  • Projecteur laser
  • Cadence de tir (capacité totale de tous les chargeurs)
  • Profondeur du chargeur
  • Intégration au système de commandement et contrôle (C2) pour la diffusion des données des capteurs et le guidage des armes
  • Prix cible maximal par système
  • Transportabilité
  • Effectifs nécessaires
  • Autotest intégré (Built-In Test, BIT)
  • Système d’armes

Outre ces caractéristiques, l’US Air Force sollicite des propositions qui équilibrent les capacités de détection intégrées à la plateforme avec l’exigence opérationnelle d’une mise en œuvre rapide et facilitée du système.

Cette initiative fait suite à l’annonce récente de la création imminente d’une nouvelle spécialité professionnelle dédiée à la lutte anti-drones. En attendant cette formalisation, le plan opérationnel « June Corona » prévoit la mise en place de Flottes de Défense de Point (Point Defense Flights) sur certaines bases aériennes sélectionnées.

Si la nécessité d’expertise dans cette nouvelle forme de combat est évidente, la responsabilité de la défense aérienne des aérodromes était historiquement dévolue à l’Armée de Terre depuis 1948, à la suite des accords de Key West qui avaient réparti les missions entre les différentes forces au sein du Département de la Défense.

Cependant, au cours de la Guerre mondiale contre le terrorisme (GWOT), la branche défense aérienne de l’Armée a vu ses capacités décliner, ne réagissant véritablement que récemment face à la menace posée par les drones FPV. Comme démontré lors de l’opération Spiderweb en Ukraine contre la Russie, ou l’opération Rising Lion en Iran menée par Israël, les bases aériennes restent particulièrement vulnérables aux attaques par drones, même en zones supposées sécurisées.

Des incursions de drones ont régulièrement été signalées sur des bases américaines et des infrastructures critiques, notamment au Moyen-Orient. Heureusement, aucun de ces vols non autorisés sur le territoire continental des États-Unis (CONUS) n’a été associé à une action cinétique, ce qui n’est pas le cas dans les zones de conflit extérieures.

Avec des ressources de l’Armée souvent engagées ailleurs et limitées, cette nouvelle démarche marque le début d’une responsabilisation accrue de l’US Air Force concernant la défense aérienne de ses installations et de ses opérations.