Luke Pollard, ministre britannique de la préparation à la défense et de l’industrie, a qualifié la situation actuelle d’« âge d’or pour l’industrie de défense du Royaume-Uni », lors d’un discours inaugural prononcé au salon aéronautique international de Farnborough. Il y a présenté comment le Plan d’Investissement Défense renouvelle la puissance aérienne britannique, tout en annonçant des prochaines révélations sur le programme GCAP et le projet de drone de combat Storm Fighter.
Intervenant au Sommet Défense du Forum Aérospatial Global, dans le cadre de l’édition 2024 de Farnborough, Pollard s’est exprimé avec une franchise rare au lendemain du remaniement gouvernemental qui a vu Wes Streeting rejoindre le ministère de la Défense. Il a ouvert son allocution en évoquant son statut incertain, « en vous remerciant de m’accueillir malgré le fait qu’un ministre pas encore officiellement confirmé s’adresse à vous », précisant avec humour, « mon téléphone est en sonnerie forte au fond de la salle, donc si le Premier ministre appelle, tout le monde l’entendra, ne vous inquiétez pas ».
Le ministre a souligné que le nouveau Premier ministre avait réaffirmé, depuis Downing Street, son engagement envers la défense nationale et les partenaires internationaux, avec les engagements de l’OTAN en tête des priorités. Il a évoqué les forces britanniques actuellement déployées, notamment des troupes en Estonie, des pilotes de Typhoon en Roumanie, ainsi qu’un groupe aéronaval dans l’Atlantique Nord, illustrant ainsi la dissuasion face à ce qu’il qualifie de « menace évolutive russe ». Le Plan d’Investissement Défense, soutenu par un financement initial sur quatre ans destiné à mettre en œuvre les 62 recommandations de la Revue stratégique de défense, offre selon lui « un signal clair de demande à long terme pour l’industrie et, surtout, pour les investisseurs ».
Fier fils de marin et passionné par la Royal Navy, Pollard a précisé que la Royal Air Force et le secteur aérospatial sont parmi les grands bénéficiaires de ce plan, avec un engagement de 31 milliards de livres sur quatre ans dans les domaines aérien et spatial. Le chasseur Typhoon sera modernisé et maintenu en service jusqu’aux années 2040, tandis que les fondations sont posées pour intégrer les premiers F-35A compatibles avec la mission nucléaire de l’OTAN, apportant ainsi « une nouvelle échelle indispensable dans notre échelle d’escalade ». Les flottes de transport A400M, Voyager et C-17 seront maintenues, et le système de formation des pilotes entièrement renouvelé pour, à terme, fournir de nouveaux appareils à l’équipe de voltige aérienne des Red Arrows.
Concernant le programme Global Combat Air Programme (GCAP), le ministre s’est montré évasif mais prometteur : « spoiler alert, de bonnes nouvelles seront annoncées sur le GCAP plus tard aujourd’hui ». Pour ce qui est du Storm Fighter, premier drone de combat européen sans pilote, il a rappelé que le nouveau secrétaire à la Défense fera « une annonce excitante demain concernant le calendrier de ce programme, mais aucune indiscrétion de ma part pour l’instant ».
Intégrant un volet industriel tout au long de son discours, Pollard a mentionné une enveloppe de 5 milliards de livres dédiée aux drones et systèmes sans pilote, en hausse de 1 milliard par rapport aux plans antérieurs, ainsi qu’un budget d’innovation annuel protégé de 400 millions de livres. Il a aussi cité le contrat de 20 millions de livres attribué à Lockheed Martin UK pour le développement hypersonique, 94 % des contrats majeurs confiés à des entreprises basées au Royaume-Uni, 182 millions de livres investis dans les compétences de défense, ainsi que le récent Plan d’action destiné aux PME de la Défense. S’adressant aux entreprises et investisseurs, il a résumé le défi en ces termes : « la défense sait où elle va, le signal de demande est désormais très clair ».
Pour lui, la Défense est un moteur de croissance et de réindustrialisation, offrant des perspectives de carrière dans toutes les régions du pays. Il a conclu en rappelant la finalité plus large du secteur : « Nous sommes prêts à soutenir nos alliés, renforcer notre économie et assurer la sécurité du Royaume-Uni ».