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Lors de la cérémonie d’ouverture du Salon aéronautique international de Farnborough, les groupes italien Leonardo et turc Baykar ont dévoilé les avancées de leur programme conjoint de coopération entre aéronefs pilotés et non pilotés, baptisé Projet KSWARM.

En mai dernier, depuis le centre d’essais en vol de Baykar à Çorlu, en Turquie, les deux partenaires ont réussi le premier vol d’essai collaboratif « en conditions réelles » dit de Coopération entre équipages humains et systèmes non habités (CUC-T), également connu sous le terme anglais Manned-Unmanned Teaming (MUM-T).

Ce test a impliqué un monoplace d’entraînement avancé Leonardo M-346FA Master aux côtés d’un T-346A opéré par l’armée de l’air italienne, ce dernier servant d’appareil de poursuite durant la mission. Un de nouveaux véhicules aériens de combat sans pilote furtifs Kizilelma de Baykar, dotés d’une intelligence artificielle, a également participé à l’exercice.

Après plusieurs mois de préparation et d’essais techniques sur les systèmes matériels et logiciels,, ce vol a marqué une étape clé. Durant la mission, le Kizilelma a roulé sur la piste, a décollé puis rejoint de manière autonome la formation avec le M-346, avant d’être piloté et commandé par l’équipage du M-346FA durant plusieurs manœuvres non tactiques en formation.

Lors de la conférence du 20 juillet, les représentants de Leonardo et Baykar ont précisé que la lettre « K » dans KSWARM fait référence à Kizilelma, tandis que « SWARM » désigne la formation regroupant appareils pilotés et non pilotés. Ce terme diffère de son usage courant dans le domaine des systèmes non habités, où il désigne généralement un essaim de multiples petits drones autonomes opérant simultanément.

Le projet KSWARM a adopté une approche graduelle pour valider sa première interaction réelle entre le M-346FA et le Kizilelma. Des simulations préalables ont permis de limiter les risques, d’évaluer les scénarios critiques pour la sécurité et de définir des paramètres opérationnels initiaux, notamment des manœuvres d’éloignement d’urgence en cas de rupture de liaison. Ce processus a assuré une transition fluide entre opérations virtuelles et en conditions réelles.

Avant le vol d’essai en conditions réelles en mai, plusieurs démonstrations virtuelles et en live ont été menées. Dans certaines, un Kizilelma « réel » était associé à une version virtuelle du drone turc ainsi qu’au M-346FA piloté.

Lors de la démonstration en vol réelle, l’algorithme SWARM développé par Baykar a permis au Kizilelma de s’aligner de manière autonome avec le M-346FA, avant que le contrôle du drone ne soit transféré à l’équipage du Master. Le Kizilelma a alors exécuté de manière entièrement autonome les commandes en temps réel émises par le pilote du M-346FA.

Perspectives d’avenir : utilisation du M-346FA aux côtés de chasseurs Typhoon et de 5e/6e génération ?

Actuellement commercialisé en version Block 20, le M-346FA utilisé lors de l’essai récent était une version plus ancienne en standard Block 10. Cet appareil était toutefois équipé d’une interface homme-machine de dernière génération, parfaitement intégrée à la cabine et à l’architecture avionique, offrant un contrôle total (Command and Control – C2) du Kizilelma. Ce système permettait aussi une connaissance continue de la situation et une supervision humaine efficace des opérations autonomes, tout en réduisant la charge de travail du pilote.

Leonardo et Baykar considèrent cette démonstration comme la première phase réussie du programme CUC-T, avec plusieurs autres essais en vol prévus prochainement. Ils envisagent d’étendre le champ des formations tactiques des deux plateformes évoluant en formation, au-delà des schémas simples testés initialement.

Si le programme KSWARM vise en priorité le M-346FA, Leonardo entend étendre cette capacité aux plateformes actuelles de 4e génération comme l’Eurofighter Typhoon, ainsi qu’aux futurs chasseurs de 5e et 6e génération.

Le constructeur italien souligne que l’intégration des fonctions CUC-T sur le M-346FA, également utilisé pour la formation avancée des pilotes, offre l’avantage d’initier les pilotes en formation très tôt aux opérations en équipe impliquant des aéronefs pilotés et sans pilote, renforçant ainsi leur familiarisation avec ces modes opératoires innovants.