Un salon de la défense près de Kyiv a été frappé hier par un missile balistique russe, faisant au moins dix morts et plus de cent blessés. La base principale de l’aviation stratégique russe Engels-2, située près de Saratov, a de nouveau été bombardée cette nuit, tout comme le centre logistique du fournisseur d’équipements militaires Wildberries à Iekaterinbourg. Le président ukrainien Zelensky a averti d’une nouvelle vague massive de frappes terroristes imminentes.
Depuis mai jusqu’à juillet 2026, la Russie subit de lourdes pertes lors de ses offensives terrestres, avec des gains territoriaux très limités, tandis que l’Ukraine profite des opportunités pour lancer des contre-offensives ponctuelles, notamment sur le front sud et dans la région de Dnipropetrovsk, bientôt entièrement libérée.
Le recours croissant aux drones entrave les grandes manœuvres mécanisées ennemies, même si les forces blindées conservent un rôle complémentaire. La Russie concentre ses bombardements terroristes, souvent aléatoires et visant des zones civiles proches des fronts, tandis que l’Ukraine mène des frappes précises en profondeur contre la logistique, l’industrie pétrolière et l’armement russe. L’utilisation de drones armés à courte portée a aussi permis de couper les voies terrestres et maritimes reliant la Crimée occupée.
Face aux graves pertes humaines, la Russie prépare une mobilisation générale à l’automne et admet progressivement qu’elle est en guerre, abandonnant la rhétorique officielle de “opération militaire spéciale”. Cette reconnaissance officielle vise à justifier légalement la mobilisation malgré la proclamation illégale de l’annexion de parties de l’Ukraine, que Moscou tente de présenter comme défendant son propre territoire.
Par ailleurs, des signes indiquent un retournement progressif de la politique américaine, qui se détourne de la Russie pour soutenir plus activement l’Ukraine.
Analyse stratégique
Actuellement, l’Ukraine dispose d’un avantage stratégique. L’économie et la capacité de combat russes s’érodent dans ce conflit d’usure, rendant la situation intenable à terme pour Moscou. Toutefois, Vladimir Poutine ne semble pas disposé à rechercher un cessez-le-feu, probablement mal informé des véritables difficultés rencontrées sur le terrain.
De son côté, Kyiv est prêt à envisager un armistice sur les lignes de front actuelles, avec des ajustements mineurs alignés sur des obstacles naturels comme les cours d’eau. Cette posture souligne un désintérêt russe notoire pour toute sortie diplomatique pacifique.
Le conflit devrait durer, en s’intensifiant, parallèlement aux progrès technologiques ukrainiens. Une prédiction prudente est que le conflit se terminera “l’année prochaine, sans certitude quant à laquelle”.
La mobilisation russe comporte des risques considérables : l’envoi de conscrits peu formés dans des assauts frontaux pourrait provoquer un effondrement militaire ou une révolte intérieure menaçant le pouvoir de Moscou, rappelant les renversements historiques liés à des guerres populaires.
Cette mobilisation ne modifiera pas fondamentalement l’équilibre, mais aggravera le déclin économique russe et alimentera une fuite massive à l’étranger, malgré les contrôles frontaliers. Seuls les citoyens sans documents ou avec des autorisations insuffisantes seront enrôlés.
Détails des récents événements
Un salon de l’industrie de défense tenu près de Kyiv, dans un lieu tenu secret à l’ouest de la ville en direction de la ville de Zhytomyr, a été bombardé hier. Au moins dix participants ont été tués et plus de cent blessés. L’invitation était strictement contrôlée, divulguée uniquement à travers des canaux industriels protégés, et l’existence même du salon n’a été dévoilée qu’après son ouverture.
Cette attaque laisse supposer soit une infiltration russe au sein de l’industrie ukrainienne de défense, attestée par des frappes antérieures sur des usines, soit une précision remarquable dans le ciblage. Bien que nous soyons solidaires de l’Ukraine, il faut noter qu’en droit, l’industrie de défense constitue une cible légitime dans un conflit armé. Cependant, la guerre reste illégale au regard du droit international, et l’Ukraine a diligenté une enquête sur de possibles crimes de guerre et sur une éventuelle négligence dans l’organisation de l’événement.
Cette manifestation n’est pas la première dans le secteur de la défense en Ukraine ; il est à prévoir que les mesures de sécurité seront renforcées à l’avenir. Par exemple, la ville de Lviv, hors de portée des missiles balistiques conventionnels sauf du nouveau système russe Oresjnik, connaît un développement urbain important et pourrait devenir une porte d’entrée majeure vers l’Union européenne après la guerre.
Les entreprises et délégations suédoises liées à la défense participant à ces salons devront sans doute revoir leur analyse des risques sécuritaires.
La base aérienne russe Engels-2, près de Saratov, base principale des bombardiers stratégiques Tu-160 “Blackjack” et Tu-95 “Bear” armés de missiles de croisière, a été frappée par un incendie cette nuit, affectant notamment des installations d’hébergement. Cette base sert maintenant de plateforme intermédiaire entre Olenja, sur la péninsule de Kola, et Ukrainka, en Extrême-Orient russe, vers où les bombardiers sont majoritairement déployés pour leurs attaques contre l’Ukraine.
Les frappes de missiles de croisière Ch-101, typiques des bombardiers stratégiques, n’ont plus été employées depuis un certain temps lors des dernières attaques terroristes, laissant à penser à un usage limité des appareils et une préservation exceptionnelle du potentiel aérien russe malgré la vétusté – le Tu-95 a été conçu dans les années 1950. Le lourd poids et les consommations colossales de carburant de ces aéronefs, dont la portée peut être étendue par ravitaillement en vol, constituent une contrainte majeure, surtout dans un contexte de frappes ciblées contre les infrastructures pétrolières russes.
Les missiles Ch-101, fruits d’accords de la Guerre froide sur la limitation des missiles à moyenne portée, doivent être lancés à partir d’une certaine distance pour éviter les pertes en vol. Ces restrictions aériennes impliquent qu’il est difficile pour l’Ukraine – ou la Suède – de riposter directement aux bases opérationnelles russes de bombardiers stratégiques, qui opèrent souvent au-dessus de l’océan Arctique pour rester hors de portée des défenses ennemies.
En parallèle, le centre logistique Wildberries à Iekaterinbourg, spécialisé dans la distribution de matériel militaire (drones, composants, protections balistiques, systèmes optiques) a été visé par des frappes ukrainiennes la nuit dernière. Si l’incendie reste limité et le site principal semble épargné, les dommages aux véhicules stationnés sont notables. On suspecte l’utilisation de brouillages électroniques russes ayant perturbé la précision des missiles ukrainiens.
Wildberries, acteur majeur du commerce électronique en Russie, impacte aussi fortement l’économie civile. La perturbation de ses capacités logistiques aura des retombées non négligeables sur le marché intérieur russe.
Face à ces événements, Zelensky a alerté sur un risque imminent de frappes massives : “Nous savons grâce à nos renseignements et nos partenaires que la Russie a préparé des missiles pour une nouvelle attaque massive contre l’Ukraine dans les prochaines 48 heures. Nous appelons la population à la vigilance et au respect des consignes de sécurité.”
Le président ukrainien a également exprimé l’espoir d’un soutien accru des États-Unis et d’une issue pacifique : “Nous préparons une rencontre avec le président américain et son équipe. Je remercie les États-Unis et tous ceux qui soutiennent l’Ukraine dans sa défense.”
Par ailleurs, Zelensky a confirmé que la Russie planifie une mobilisation significative pour l’automne, insistant sur les lourdes pertes russes qui surpassent actuellement leur recrutement, mais que Poutine persiste à vouloir intensifier le conflit.
En complément, un reportage de la presse suédoise relate le procès d’un soldat russe capturé, accusé de tortures et de meurtres commis à Boutcha où au moins 561 civils ont péri, dont certains dans des fosses communes. Des violences similaires ont été constatées dans les villes libérées d’Izium et de Lyman, avec des exécutions sommaires et des sévices extrêmes.
La situation dans le sud-est de l’Ukraine demeure dramatique, avec des milliers de civils tués, enlevés, ou victimes de violences sexuelles. À Marioupol, les estimations des pertes civiles varient entre 22 000 et 80 000, nombre exclu des statistiques officielles faute de confirmation indépendante.
Enfin, un point sur les opérations navales ukrainiennes : l’emploi de systèmes sans pilote ciblant la flotte russe semble avoir diminué récemment, avec plusieurs journées sans engagement enregistré. La cause exacte – fin de la campagne, dispersion ou destruction des cibles russes – reste à déterminer.
Tableau des navires russes touchés par drone (du 6 au 24 juillet 2026) :
| Date | Nombre de navires touchés |
|---|---|
| 06/07/2026 | 2 |
| 07/07/2026 | 12 |
| 08/07/2026 | 7 |
| 09/07/2026 | 15 |
| 10/07/2026 | 13 |
| 11/07/2026 | 28 |
| 12/07/2026 | 14 |
| 13/07/2026 | 11 |
| 14/07/2026 | 11 |
| 15/07/2026 | 20 |
| 16/07/2026 | 11 |
| 17/07/2026 | 12 |
| 18/07/2026 | 13 |
| 19/07/2026 | 4 |
| 20/07/2026 | 7 |
| 21/07/2026 | 5 |
| 22/07/2026 | 8 |
| 23/07/2026 | 2 |
| 24/07/2026 | 0 |
Enfin, les autorités ukrainiennes ont arrêté un individu suspecté d’avoir enregistré plus de mille terminaux Starlink destinés à un usage russe, désormais désactivés. Le contrôle accru de ces systèmes de communication a contribué à améliorer les capacités de commandement ukrainiennes au front.
Un responsable ukrainien, surnommé “Magyar” Brovdi, a publié un montage vidéo montrant des incendies dans des dépôts Wildberries et promet “qu’il y aura d’autres opérations”, accompagné d’un chant à caractère satirique illustrant ces frappes.
Razom do peremohi ! (Ensemble vers la victoire !)