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Le Myanmar a engagé une offensive militaire autour de la zone économique spéciale de Dawei, dans la région méridionale de Tanintharyi, où un projet portuaire et industriel à long retard est relancé avec l’appui de la Russie.

Depuis juillet, environ 700 soldats ont investi les villages avoisinants, pratiquant des raids, tuant des civils et provoquant le déplacement forcé de populations. Cette opération terrestre est soutenue par des frappes aériennes et navales. Les troupes ont ravagé des habitations pour sécuriser les terres destinées au projet. Par ailleurs, trois humanitaires venus assister les déplacés ont été arrêtés puis tués.

Le projet Dawei comprend un port en eaux profondes, une centrale électrique, des infrastructures industrielles et des liaisons de transport avec la Thaïlande. Ce corridor commercial vise à connecter l’océan Indien à l’Asie du Sud-Est continentale en contournant le détroit de Malacca, réduisant ainsi les trajets de fret de quatre à six jours.

Le président birman Min Aung Hlaing a récemment échangé avec le président russe Vladimir Poutine à ce sujet, tandis que le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine a annoncé la participation des entreprises russes pour renforcer le commerce et soutenir les activités locales. Pour Moscou, le projet représente un accès stratégique aux marchés sud-asiatiques et un point d’ancrage commercial dans l’océan Indien.

La Russie, partenaire politique et militaire majeur du Myanmar, fournit armes et avions depuis le coup d’État de 2021 et a signé un accord de coopération militaire de cinq ans début 2023.

La campagne militaire à Dawei s’inscrit dans un contexte de guerre civile intense entre le gouvernement militaire et une opposition fragmentée, qui a déjà fait près de 100 000 morts et déplacé plus de 3,6 millions de personnes. Cette offensive vise à reconquérir des zones frontalières, des axes commerciaux et des territoires économiques sous contrôle des forces d’opposition.

Un récent rapport des Nations unies dénonce une intensification des attaques contre les civils par l’armée, documentant de possibles crimes de guerre à la fois du côté gouvernemental et des groupes armés d’opposition.

Sources : thedefensepost