La Lituanie a récemment renforcé sa défense aérienne en déployant un système national avancé de missiles sol-air (NASAMS) à proximité de Vilnius, remplaçant ainsi le système RBS 70 à courte portée précédemment chargé de protéger la capitale.
Le chef d’état-major général, le général Raimundas Vaikšnoras, a souligné que le NASAMS offre une portée, une vitesse et une précision supérieures. Cette décision fait suite à plusieurs incursions de drones dans l’espace aérien de l’OTAN dans la région, la dernière ayant été enregistrée en mai par la Lituanie. Par ailleurs, un chasseur de l’OTAN basé à la base aérienne de Šiauliai a récemment intercepté un drone dans le ciel voisin de la Lettonie.
À ce jour, la Lituanie exploite deux batteries NASAMS et prévoit d’en recevoir une troisième d’ici 2028. Ce déploiement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer les capacités militaires du pays face à une menace potentielle russe. En effet, la Lituanie est particulièrement exposée en tant que pays membre de l’OTAN situé à la frontière avec la Russie et la Biélorussie, alliée de Moscou.
En juillet, Vilnius a également envoyé une trentaine de soldats pour protéger les infrastructures énergétiques critiques, en réponse aux avertissements du président Gitanas Nausėda sur le risque d’actes de sabotage russe ciblant les réseaux de transport et d’énergie du pays.
Le budget de la défense a été considérablement augmenté, avec une allocation de 4,7 milliards d’euros (soit 5,4 milliards de dollars), représentant plus de 5 % du PIB et une hausse de 41 % par rapport aux prévisions pour 2025. Ce financement soutiendra non seulement l’acquisition de batteries NASAMS supplémentaires, mais aussi l’achat de missiles Piorun, de systèmes de défense mobiles à courte portée, de radars à moyenne portée et d’équipements dédiés à la détection et à la neutralisation des drones.
Enfin, la Lituanie revoit aussi ses cadres légaux concernant sa participation à la dissuasion de l’OTAN, proposant notamment de lever l’interdiction constitutionnelle de déploiement d’armes nucléaires sur son sol, afin de s’intégrer pleinement à la posture nucléaire de l’alliance.
