Depuis juin 2026, la Russie ne dispose plus d’une présence navale en Méditerranée, une première en dix ans. Cette absence est principalement liée à la réaffectation de sa flotte pour escorter des navires du « shadow fleet » transportant du pétrole sanctionné, notamment en mer Baltique et au large des côtes européennes.
La marine de l’OTAN domine désormais les eaux européennes avec un ratio d’environ trois navires alliés pour un russe, et ce chiffre est encore plus élevé concernant les sous-marins. Cette supériorité numérique est renforcée par une surveillance constante de toutes les zones d’opération russe dans la région euro-atlantique.
Les contraintes logistiques pèsent lourdement sur la capacité d’opération russe. Notamment, la marine russe souffre d’un manque aigu d’approvisionneurs (oilers), indispensables pour le ravitaillement à la mer des navires en carburant et produits aviations. Cette déficience l’a contrainte à utiliser un navire-atelier de l’époque soviétique pour le ravitaillement, une solution précaire et risquée qui limite les conditions et la durée des déploiements.
Par ailleurs, la perte d’accès à des bases clés en Méditerranée, notamment Tartous et la base aérienne de Khmeimim en Syrie, désormais sous contrôle syrien, empêche la Russie de maintenir son soutien logistique habituel dans cette région. La réorientation des efforts vers la Libye, où elle décharge du matériel à Tobrouk et travaille sur des infrastructures militaires, ne compense pas la perte d’une base navale opérationnelle.
Malgré cela, des navires russes restent actifs dans les eaux européennes, notamment autour de l’Europe du Nord et dans la Manche. Le patrouilleur Neustrashimy a pris la relève de Admiral Grigorovich pour escorter les tankers du shadow fleet à proximité des côtes britanniques, une mission analogue à celle précédemment assurée en Méditerranée.
Le Royaume-Uni a renforcé sa surveillance maritime avec la Royal Navy qui a passé 21 jours en juillet à surveiller les activités navales russes et le shadow fleet dans ses eaux et dans l’Atlantique Nord. Plusieurs bâtiments et hélicoptères ont été mobilisés pour escorter et shadower les navires russes. Plus de 500 navires associés à ce commerce pétrolier illégal ont été sanctionnés par Londres, contribuant à une baisse de 24 % des revenus russes liés au pétrole et gaz en 2025.
Cette situation traduit une dégradation à long terme des capacités navales russes, qui peine à déployer ses forces au-delà de ses zones proches faute de ressource logistique et de ports d’appui fiables. La fin de la présence en Méditerranée symbolise ce recul, posant la question de la portée globale de la marine russe dans un avenir proche.
