Anduril a dévoilé Thunder, un drone-attaque rotorcraft autonome de catégorie Group 5, conçu pour accompagner les hélicoptères d’attaque pilotés et multiplier leur puissance de feu. Cet appareil à rotors basculants peut emporter dix missiles de type Hellfire ou soixante-seize roquettes de calibre 70 mm, avec un premier vol prévu pour 2027, a annoncé la société.
Selon Anduril, cet aéronef répond à ce qu’elle qualifie de « domaine proche de la surface », devenu l’un des espaces les plus dangereux sur le champ de bataille. Les hélicoptères d’attaque et leurs équipages y sont de plus en plus exposés aux munitions à effet dithyrambique (loitering munitions), aux dispositifs de défense aérienne bon marché ainsi qu’à une surveillance constante. Ces conditions ont, selon l’entreprise, mené à une impasse tactique, soulignant la nécessité d’une aviation d’attaque future reposant sur l’autonomie.
Thunder a été développé pour multiplier la puissance de combat et améliorer la survivabilité des aéronefs d’attaque et d’assaut télépilotés actuellement en service ou en développement. L’appareil travaille en coopération avec les plates-formes pilotées, sans chercher à les remplacer.
Ce drone est une version spécifiquement militaire d’une plateforme à double usage co-développée avec Archer Aviation, société spécialisée dans les taxis aériens électriques. Cette collaboration intègre dans le domaine de la défense les avancées du secteur commercial en matière de propulsion électrique et de conception rotorique. Thunder combine un groupe propulseur hybride électrique en série avec une configuration à rotor basculant permettant le décollage et l’atterrissage verticaux, ainsi qu’un vol efficace en mode aile fixe. La vitesse variable des rotors réduit la demande énergétique et la consommation de carburant en croisière tout en minimisant son intensité acoustique lors de l’approche à basse altitude. Anduril souligne que cette combinaison confère à Thunder une autonomie suffisante pour un déploiement autonome à l’échelle mondiale. L’aéronef peut également être conditionné dans un container standard facilitant son transport par voie aérienne, terrestre, ferroviaire ou maritime.
Une capacité de charge modulable et détaillée
Les capacités d’emport sont exceptionnellement détaillées pour une présentation produit. Des soutes modulaires internes, situées dans le fuselage principal et le nez de l’appareil, peuvent accueillir diverses charges utiles : munitions de précision, effets air-sol, roquettes, équipements de guerre électronique, dispositifs anti-drones et cargaisons diverses. Le module principal peut être configuré avec dix missiles air-sol tels que Hellfire, JAGM ou Barracuda-100M, seize effets à lancer comme le drone Altius-600, ou soixante-seize roquettes calibre 70 mm, complétés par douze systèmes anti-drones dans le nez.
La force de Thunder réside dans la coopération tactique : Anduril affirme qu’un trio de ces appareils, associé à chaque hélicoptère Apache, offrirait à une brigade d’aviation de combat une capacité de feu triplée, sans exposer davantage de pilotes au danger et à coût bien moindre qu’un groupement piloté équivalent.
Autonomie avancée et cohésion tactique
Le drone fonctionne avec le logiciel Lattice for Mission Autonomy, développé par Anduril, qui gère les comportements de formation, la gestion des distances et la logique de vol. Ainsi, les pilotes orientent le drone par objectifs stratégiques plutôt que par actions directes comme le contrôle manuel des commandes. Une suite de perception embarquée, combinant capteurs passifs et actifs, vision par ordinateur, données cartographiques et calcul en périphérie, assure la navigation et le suivi des menaces même lorsque le GPS, la visibilité ou les communications sont dégradés ou bloqués. Le système fusionne les informations issues des capteurs et de la mission de toute la formation pour créer une image tactique commune, garantissant que Thunder amplifie la performance globale des plates-formes partenaires et ne se limite pas à exécuter une mission autonome isolée.
Des essais en vol à l’aide de modèles à taille réelle ont déjà été effectués, et le premier vol officiel de Thunder est attendu en 2027. La base commune, partagée avec Archer Aviation pour le secteur commercial, est présentée comme un levier pour bénéficier d’économies d’échelle et de chaînes d’approvisionnement permettant une production massive à coût maîtrisé.
Ce lancement intervient quelques semaines après qu’Anduril a remporté le contrat de production du programme Collaborative Combat Aircraft de l’US Air Force avec son FQ-44, étendant ainsi le concept d’« équipage autonome coordonné » de la chasse vers l’aviation d’attaque. Par ailleurs, plusieurs armées dont celle du Royaume-Uni tirent aujourd’hui les enseignements d’un champ de bataille ukrainien où l’espace proche du sol, tel que décrit par Anduril, s’avère particulièrement dangereux.