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Les dépenses de fonctionnement de l’Autorité de la Police Nucléaire Civile (CNPA) ont augmenté de près de 25 millions de livres sterling en 2025-26, tandis que les cas de stress professionnel signalés ont quasiment doublé durant une année marquée par une expansion, la fermeture de sites et des réorganisations importantes.

Les dépenses de fonctionnement de la CNPA ont atteint 178,7 millions de livres sterling en 2025-26, contre 154,1 millions l’année précédente, selon les informations contenues dans son rapport annuel. Le nombre de cas de stress au travail rapportés a quant à lui augmenté de 29 à 54, soit une hausse de 86 %.

Cette période a vu la Police Nucléaire Civile étendre son rôle de protection armée à quatre sites non nucléaires, tout en gérant la fin de la surveillance policière sur des installations nucléaires plus anciennes. L’augmentation des dépenses de fonctionnement, soit environ 24,6 millions de livres (16 %), s’explique notamment par 19,7 millions supplémentaires en coûts salariaux. Ceux-ci reflètent l’impact à l’année pleine des précédentes augmentations salariales, la hausse des cotisations patronales de retraite et de sécurité sociale, ainsi que l’intégration de personnels issus de la Police du Ministère de la Défense dans la CNPA après la reprise en charge de ces quatre sites supplémentaires.

Les coûts liés au personnel ont atteint 131,1 millions de livres (£), incluant 99,2 millions en salaires, 14 millions en charges sociales et 17,3 millions en pensions, contre 111,3 millions l’année précédente. Malgré cette hausse des dépenses, les budgets alloués n’ont pas été dépassés. Les économies proviennent notamment de postes vacants, d’un nombre moindre de nouvelles recrues en formation qu’escompté, ainsi que de retards dans certains projets et d’une maintenance immobilière inférieure aux prévisions. La CNPA indique que ses activités opérationnelles régulières ont atteint un équilibre budgétaire, malgré un déficit global de 6 millions imputable à des ajustements comptables techniques et des coûts non opérationnels remboursés par le Département pour l’Énergie, la Sécurité et la Neutralité Carbone.

Le nombre de cas de stress professionnel signalés a augmenté à 54 en 2025-26, contre 29 en 2024-25, soit une progression de 86 %. Le stress représente 21 % des incidents de santé et sécurité déclarés. Cette hausse s’explique en partie par un système de déclaration plus rigoureux : le suivi des temps d’absence est contrôlé quotidiennement, et les managers doivent fournir un rapport si un salarié est absent pour cause de stress lié au travail. Douze cas ont été directement associés à l’arrêt de la surveillance policière sur les sites de Hunterston B et Hinkley Point B, ou au transfert des fonctions de Formation et Développement vers le centre d’entraînement aux armes à feu de Bisley. Des évaluations des risques liés au stress et des mesures d’accompagnement ont été mises en place en anticipation de ces changements.

Les arrêts de travail liés à des blessures ont aussi augmenté, passant de 97 à 119 (+22,6 %), dont 63 % dans la division Formation. La CNPA précise que de nombreux incidents s’expliquent par la nature dynamique et réaliste des entraînements menés par les agents. Quinze cas étaient déclarables selon la réglementation Reporting of Injuries, Diseases and Dangerous Occurrences (RIDDOR), contre dix l’année précédente. Quatorze ont occasionné plus de sept jours d’absence, et un a été qualifié de quasi-accident grave. Les enquêtes n’ont pas mis en évidence de tendances ou de schémas communs, les incidents se produisant dans des lieux et situations variés.

Le rapport mentionne également deux atteintes aux données personnelles remontées à l’Information Commissioner’s Office (ICO) durant l’année. L’une concernait la diffusion non autorisée de bulletins de paie et a été clôturée sans suite, la seconde était toujours en cours d’investigation lors de la rédaction du rapport. La CNPA souligne que toutes les violations et incidents sont gérés via ses procédures internes, et que les incidents bénins et quasi-accidents sont systématiquement consignés pour favoriser l’apprentissage organisationnel.

Parmi les autres indicateurs RH, la CNPA note une amélioration : le taux de départs chez les policiers est passé de 9 % à 7 %, tandis que celui des personnels civils reste stable à 7 %. L’effectif du personnel civil a augmenté de 357 à 382 agents, avec une baisse du nombre de départs de 39 à 28. L’organisation a maintenu un taux de déployabilité opérationnelle d’au moins 90 % tout au long de l’année, et plus de 80 % des stagiaires ayant suivi le Programme Initial de Formation sont devenus Agents Autorisés à Porter des Armes à Feu.

Le chef de la police, Simon Chesterman, a déclaré : « Je suis extrêmement fier de ce que nous avons accompli l’année passée. Les agents et le personnel ont contribué à la réussite de notre mission principale : la protection de nos sites et matériels nucléaires civils sensibles. » Il a ajouté : « Nous avons également démontré notre capacité à étendre nos services de protection à de nouvelles infrastructures critiques nationales, tout en continuant à soutenir les besoins de la police à l’échelle nationale. »

Pour l’exercice 2026-27, l’Autorité a approuvé un budget de fonctionnement de 194,5 millions de livres, auquel s’ajoutent 14,1 millions en dépenses d’investissement. Le rapport souligne la poursuite des pressions liées à l’inflation, aux négociations salariales nationales et aux coûts des chaînes d’approvisionnement. Les évolutions du parc nucléaire génèrent aussi des défis spécifiques pour les ressources humaines, car le recrutement, la vérification de sécurité et la formation d’agents armés exigent des délais importants. La CNPA travaille à mettre en place des mesures de fidélisation alors que certains sites cessent leurs activités et que les besoins en personnel croissent sur les nouvelles installations nucléaires et d’autres infrastructures critiques nationales.