Une délégation militaire américaine s’est rendue à Beyrouth pour rencontrer l’armée libanaise afin d’aborder la mise en œuvre du retrait d’Israël d’une « zone pilote » sur un territoire occupé, a indiqué un responsable militaire libanais à l’AFP samedi.
Dans le cadre d’un accord-cadre conclu le 26 juin, Israël doit progressivement se retirer des zones du sud du Liban où ses troupes ont été déployées pour lutter contre le Hezbollah, le mouvement chiite soutenu par l’Iran.
Selon cet accord, l’armée libanaise, longtemps marginalisée, doit reprendre le contrôle intégral de deux petites zones désignées comme « zones pilotes ».
« La délégation militaire américaine est arrivée et a débuté des réunions avec le commandement de l’armée libanaise pour discuter des mécanismes de mise en œuvre de la première zone pilote dont les Israéliens se retireront, permettant à l’armée libanaise de s’y déployer », a indiqué ce responsable sous couvert d’anonymat.
« C’est l’objectif principal que la délégation militaire américaine entend réaliser… il s’agit de la traduction et de la mise en œuvre de l’accord-cadre. »
L’ambassadeur américain, Michel Issa, a déclaré jeudi au président Joseph Aoun que la délégation venue des États-Unis visait à « déterminer le mécanisme » d’exécution de cet accord.
À Washington, un responsable américain a précisé sous couvert d’anonymat que « le lancement de la première zone pilote interviendra dans les prochains jours, et d’autres zones pilotes sont en cours de cartographie et de planification ».
Le commandement central américain (US Central Command) sera en charge de la coordination des zones avec les deux pays, a-t-il ajouté.
L’accord, rejeté par le Hezbollah, ne prévoit pas de calendrier précis pour le retrait israélien. Par ailleurs, des responsables israéliens ont assuré que leurs forces resteront dans une « zone de sécurité » de 10 kilomètres de profondeur, tant que le Hezbollah reste armé.
Ce conflit, déclenché début mars lorsque le Hezbollah est entré dans le conflit plus large au Moyen-Orient aux côtés de son allié iranien, a provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes au Liban, selon l’Agence des Nations unies pour l’aide humanitaire (OCHA).
Samedi, cette agence a indiqué que plus de 732 000 personnes étaient désormais retournées dans leurs foyers, contre 640 000 une semaine plus tôt.
Il reste donc encore plus de 430 000 personnes déplacées à travers le pays.
Malgré une trêve, Israël a poursuivi des frappes intermittentes. L’Agence nationale d’information libanaise, contrôlée par l’État, a rapporté plusieurs attaques dans le sud, notamment à Mansouri, où sept personnes ont été blessées.
Les derniers pourparlers entre le Liban et Israël, qui n’entretiennent pas de relations officielles mais ont tenu cinq rounds de négociations depuis le début du conflit, se tiendront à Rome mercredi et jeudi prochains.
Le Liban avait initialement conditionné sa participation au retrait israélien de deux zones pilotes.
Cependant, un responsable libanais, également sous couvert d’anonymat, a confirmé samedi à l’AFP que « le Liban participera » sans fournir davantage de détails.
Ces discussions précèdent la visite attendue du président Aoun à Washington plus tard ce mois-ci, sur invitation de son homologue américain Donald Trump.