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Malgré le risque toujours présent d’une reprise des hostilités à Gaza, les acteurs concernés ont passé plusieurs mois à préparer la phase d’après-guerre. Les plans relatifs à la gouvernance, à la sécurité et à l’aide humanitaire prennent forme, mais restent largement théoriques en l’absence d’un accord politique, de garanties crédibles en matière de sécurité et d’un financement pérenne.

Voici les principaux défis auxquels sont confrontés les acteurs locaux et internationaux dans leur tentative de reconstruction de ce territoire dévasté, qui abrite plus de deux millions de Palestiniens.

Des préoccupations sécuritaires majeures

La sécurité est le pilier fondamental de tous les scénarios post-conflit envisagés. Israël exige la désarmement du Hamas avant toute avancée, tandis que le mouvement islamiste palestinien refuse de rendre ses armes avant le retrait des troupes israéliennes et l’instauration d’une autorité palestinienne.

Cependant, un responsable du Board of Peace, créé par le président américain Donald Trump pour préparer l’après-guerre à Gaza, a indiqué à l’AFP que la désarmement de Hamas n’était plus considéré comme une condition préalable indispensable à l’avancée des plans sur le terrain. « Toute la planification se base sur le pire scénario », a-t-il précisé, évoquant la zone humanitaire pilote prévue à Rafah, dans le sud de Gaza. « Nous n’obtenons rien dans la négociation, mais nous avançons malgré tout. »

Parmi les propositions figure la création d’une Force internationale de stabilisation (ISF) chargée de maintenir l’ordre à Gaza. Selon la même source, quatre pays — le Maroc, le Kosovo, l’Albanie et le Kazakhstan — sont « fortement engagés » dans cette initiative.

Une base logistique du côté israélien du passage de Kerem Shalom est « quasiment achevée » et pourrait accueillir une rotation initiale d’environ 500 soldats avant un déploiement éventuel dans la bande de Gaza, a précisé le responsable.

Les préparatifs pour la mise en place d’une force de police palestinienne se poursuivent également, avec quelque 20 000 candidatures déjà reçues. Toutefois, plusieurs diplomates et sources sécuritaires ont décrit le processus comme un blocage persistant. Selon un diplomate, la formation des recrues n’a pas encore commencé, Israël ayant rejeté la liste actuelle des candidats après un processus de vérification exigeant, estimant notamment qu’une force policière de 5 000 agents serait surdimensionnée pour Gaza.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la violence quotidienne perdure, les frappes israéliennes visant les militants de Hamas et d’autres groupes palestiniens qualifiés de violateurs de la trêve.

Une reconstruction encore timide

Les besoins humanitaires à Gaza restent considérables. Les Nations unies estiment que la reconstruction prendra plusieurs années et nécessitera des dizaines de milliards de dollars, dans un contexte où les matériaux de construction et les équipements de déblaiement sont toujours en pénurie critique.

Malgré des promesses de dons importantes, la majeure partie des fonds attendus n’a pas encore été débloquée, selon le Board of Peace. « Pour l’instant, nous disposons d’un financement qui couvre nos besoins », explique un responsable du Board, ajoutant que si plusieurs zones humanitaires doivent être mises en place, « nous aurons évidemment besoin de plus de fonds ».

Le Board prévoit une zone humanitaire pilote à Rafah, destinée à accueillir des dizaines de milliers de Palestiniens dûment vérifiés, a-t-il indiqué récemment.

Une absence d’institutions de gouvernance effectives

Hamas a récemment annoncé son intention de transférer les responsabilités administratives à la Commission Nationale pour l’Administration de Gaza (NCAG), un organisme mis en place par le Board of Peace composé de technocrates palestiniens chargés de la gestion quotidienne pendant la période transitoire.

Cependant, la NCAG n’a pas encore pu entrer à Gaza, plusieurs sources palestiniennes et diplomatiques affirmant qu’Israël bloque l’accès de cette commission. Pour Israël, la démantèlement des structures administratives de Hamas ne remplit pas sa condition de longue date : le désarmement complet du mouvement.

Le rôle futur de l’Autorité palestinienne (AP) demeure également indéterminé. Basée à Ramallah, en Cisjordanie occupée, territoire distinct de Gaza, l’AP reste l’interlocuteur officiellement reconnu de la communauté internationale au nom des Palestiniens.

La NCAG est conçue comme un organe provisoire chargé d’assurer les services essentiels dans l’enclave, les responsables européens espérant qu’elle travaillera en coordination avec l’Autorité palestinienne. Plusieurs observateurs craignent toutefois que cette structure se limite à la gestion des services publics, sans contrôle sur les forces de sécurité ou les points de passage frontaliers, la rendant dépendante de ses soutiens internationaux tout en restant vulnérable à Hamas si ce dernier conserve tout ou partie de son arsenal militaire.