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Des soldats britanniques du 3e Bataillon, The Rifles, participent à l’exercice Northern Star aux côtés de la brigade Kainuu en Finlande, à environ 70 kilomètres de la frontière russe. Cette manœuvre permet à l’armée britannique de tester son nouveau concept d’infanterie centré sur l’emploi de drones dans les forêts nordiques.

Après l’exercice hivernal Northern Axe, Northern Star réunit environ 4 500 militaires de pays membres de l’OTAN, incluant la France, la Hongrie et les États-Unis. Pour le bataillon britannique, cette opération est l’occasion de renforcer les liens avec la Finlande, devenue membre de l’alliance en 2023, et de familiariser ses troupes avec les paysages nordiques caractérisés par des forêts denses et des milliers de lacs.

Le lieutenant-colonel Tom Redon, commandant des 3 Rifles, a souligné l’importance stratégique de cette localisation pour l’OTAN et la nécessité pour ses soldats d’adapter leurs tactiques à ces conditions exigeantes. « Les Finlandais prennent leur défense très au sérieux, et en apprenant les uns des autres, nous pourrons mieux coopérer », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’objectif du bataillon est « d’augmenter notre létalité en neutralisant l’ennemi de plus loin et plus rapidement ».

L’exercice met autant l’accent sur la technologie que sur les compétences traditionnelles d’infanterie. En effet, les 3 Rifles font partie de la 11e brigade britannique, une unité équipée de drones spécialisés dans les systèmes aériens sans pilote à basse et moyenne altitude. Récemment reclassée en tant que Near Surface Infantry Battalion, cette unité développe un concept associant soldats au sol, capteurs et drones d’attaque en mission de soutien aérien immédiat. Northern Star leur offre ainsi un terrain d’entraînement pour exploiter ces capteurs et systèmes d’armes à distance, commandés depuis un poste de commandement déporté.

Deux systèmes sont au cœur de cette approche. Le premier, nommé Ghost, est un drone autonome de petite taille, à l’allure d’un hélicoptère miniature, destiné à la reconnaissance et à la surveillance moyen-courrier. Il transmet en temps réel l’intelligence et la détection de cibles au poste de commandement. Une fois une cible identifiée, l’information est relayée au second système, Bolt, un drone effecteur à usage unique doté d’armement embarqué. Bolt se déploie rapidement vers sa cible pour la détruire, puis s’autodétruit, suivant un mode d’opération en première personne largement utilisé sur les champs de bataille en Ukraine.

Le major Steve Watts, officier en charge de l’exercice, a expliqué que l’association de ces deux systèmes transforme les capacités d’une petite unité sur le terrain. « Avec ‘Ghost’ et ‘Bolt’, vous pouvez prendre des décisions plus vite et frapper à plus grande distance », a-t-il souligné, ce qui accroît à la fois la létalité et la survivabilité « car il n’est plus nécessaire d’être physiquement au contact pour neutraliser une menace, on peut envoyer un capteur en avant, ce qui est essentiel en pensant à l’avenir. »

Les soldats britanniques disposent également du Android Tactical Assault Kit (ATAK), un dispositif GPS avancé qui permet à chaque combattant de visualiser les positions amies, les activités environnantes ainsi que la localisation ennemie. Watts a décrit un réseau maillé intégrant tous ces éléments, où les soldats équipés du système TAC sur leur poitrine peuvent voir en direct ce que le drone perçoit. « Cela offre une conscience situationnelle instantanée », a-t-il indiqué, « ce qui est crucial, car une fois reliés ainsi, les échanges d’informations deviennent fluides et accroissent considérablement la létalité. »