Lorsque les États-Unis et l’Iran ont annoncé leur accord-cadre le 15 juin, l’attention s’est d’abord portée sur les aspects directs entre Washington et Téhéran, notamment la réouverture du détroit d’Hormuz, la levée du blocus naval américain et le devenir du programme nucléaire iranien. Pourtant, cet accord incluait aussi un engagement clair à la « cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ». Pendant plusieurs mois, Washington avait pourtant traité la question libanaise séparément, malgré le fait que le conflit entre Israël et le Hezbollah restait actif, sous un cessez-le-feu nominal en place depuis le 16 avril.
C’est précisément ce deuxième front qui a failli faire capoter l’accord du 15 juin au dernier moment. Quelques heures avant la conclusion du texte, Israël a frappé les banlieues sud de Beyrouth. Alors que l’Iran s’apprêtait à riposter, le président Donald Trump a reproché au Premier ministre Benjamin Netanyahu de faire preuve de « mauvais jugement ». Finalement, Téhéran s’est retenu, mais après avoir obtenu des modifications de dernière minute dans les termes de l’accord, notamment l’accélération de la levée du blocus naval. Le Liban, ce front que Washington avait tenté d’isoler, est devenu un élément central de l’accord lui-même.
Cette inclusion du Liban n’est pas le fruit du hasard. L’analyse des données récentes, comptabilisant 1 155 attaques du Hezbollah entre le 15 avril et le 14 juin – comprenant 540 frappes par drones et 615 incidents de roquettes, missiles et artillerie – tirées principalement de déclarations officielles du Hezbollah et des médias, ainsi que de la surveillance indépendante du Centre de Recherche et d’Éducation Alma, révèle une campagne de pression délibérée et calibrée. Son but était de maintenir le front sud constamment au bord d’une escalade vers une guerre plus large. En augmentant le coût des affrontements et le risque d’une crise régionale plus vaste, le Hezbollah a permis à Téhéran d’imposer à Washington que les négociations ne pouvaient progresser tant que les opérations israéliennes au Liban continuaient. Ce lien a contraint Washington à presser Israël de désamorcer la situation et à accepter finalement l’intégration du Liban dans l’accord final. Or, cet accord ne règle en rien la situation libanaise : il institutionnalise, au contraire, le conflit comme une source de levier iranien, offrant à Téhéran une nouvelle manière d’obtenir des concessions de Washington.
Les États-Unis se retrouvent désormais piégés dans la gestion d’un conflit qu’ils ne peuvent abandonner sans compromettre l’accord global qu’ils cherchent à atteindre. Au 9 juillet, le cadre d’accord censé aboutir à une solution se désagrège. Les attaques iraniennes contre la navigation dans le détroit d’Hormuz ont provoqué deux jours de frappes américaines, avec le président Trump déclarant que le cessez-le-feu était « terminé ». Si le déclencheur immédiat était le détroit, le Liban n’a jamais été loin des calculs stratégiques de Téhéran, surtout parce que Washington continue de pousser au désarmement du Hezbollah. Sauver cet accord passera par l’utilisation du levier américain sur Israël pour contenir l’escalade et encourager un retrait progressif du sud libanais.
Un Hezbollah affaibli, mais pas vaincu
La capacité du Hezbollah à mener une campagne coercitive n’était pas garantie au départ. Dès le 19 mars, Netanyahu déclarait que « le Hezbollah n’est plus ce qu’il était », faisant référence à la destruction d’une grande partie de son arsenal de missiles. Le cessez-le-feu de novembre 2024 avait renforcé la surveillance des passages frontaliers, la chute du régime Assad avait interrompu la principale route de contrebande via la Syrie, et la guerre des Douze Jours en juin 2025 avait réduit la capacité de l’Iran à approvisionner le groupe. En février 2025, le Liban avait en outre restreint les vols iraniens vers Beyrouth, limitant le transfert d’argent et d’armes via l’unique aéroport international du pays. La capacité de frappes de précision du Hezbollah, notamment ses missiles antichars guidés, avait été sévèrement amoindrie. Son arsenal de roquettes, bien que toujours actif, était trop réduit pour soutenir les bombardements massifs qui avaient caractérisé les conflits précédents.
Mais cette rareté a forcé le groupe à s’adapter. Le Hezbollah a articulé une campagne double : les roquettes et missiles restaient la colonne vertébrale, assurant une pression constante, tandis que les drones comblaient le vide laissé par la réduction des missiles antichars de précision. Pour cela, le groupe s’est appuyé en priorité sur des drones en « première personne » locaux, bon marché et assemblés sur place, utilisant la fibre optique – résistants au brouillage électronique israélien qui est au cœur de la défense anti-drones. Entre le 12 mai et le 14 juin, ces drones ont représenté 228 des 379 attaques par drones. Si les roquettes et missiles formaient la majorité des attaques, ces drones ont permis de moduler l’intensité et les cibles de la campagne en fonction des actions israéliennes, au-delà des seules contraintes liées aux stocks d’armes.
De cette dynamique a émergé une stratégie du risque, où l’escalade devient elle-même un levier de coercition. Comme l’a explicité le théoricien Thomas Schelling, une telle stratégie exploite « le danger qu’une personne franchisse inadvertamment le seuil, emportant l’autre avec elle ». Sa force réside dans ce qu’il appelait « la menace qui laisse une part au hasard » – la possibilité que l’escalade échappe au contrôle de tous. Les dirigeants du Hezbollah ont exprimé cette même logique. Le 24 mai, le secrétaire général Naim Qassem exhortait les autorités libanaises à renoncer aux négociations directes et à faire pression sur Washington : « Dites-leur : ‘Arrêtez de demander quoi que ce soit.’ », affirmait-il, « alors ils viendront supplier ». Il estimait que la campagne de drones avait déjà rendu Israël « étourdi ». Cette campagne rendait crédible la menace d’une crise élargie, avec le risque que les négociations américano-iraniennes dérapent. Face à la perspective d’un accord imminent avec l’Iran, Trump n’était pas prêt à prendre ce risque.
Une guerre calibrée sous un cessez-le-feu
Dès le premier jour du cessez-le-feu du 16 avril, le Hezbollah n’a jamais laissé le front sud se stabiliser. Alors que Washington cherchait à gérer deux pistes diplomatiques séparées – une piste américano-iranienne visant à mettre fin au conflit plus large et à rouvrir les négociations nucléaires, et une piste parallèle israélo-libanaise destinée à prolonger le cessez-le-feu et lancer des discussions sur le désarmement du Hezbollah et le retrait israélien – le Hezbollah menait une campagne d’attaques calibrées pour empêcher ces deux pistes de demeurer dissociées. Cette stratégie du risque repose sur un équilibre délicat : il faut maintenir un danger constant, mais mesuré – trop faible, la menace n’a pas de crédibilité ; trop forte, l’escalade bascule dans la guerre totale.
Le schéma des attaques du Hezbollah reflète cette logique. Une flambée d’attaques le 16 avril a été suivie de plusieurs jours de calme, puis la reprise des frappes. Cette campagne suivait de près les actions israéliennes, indiquant que le niveau de violence répondait au comportement israélien. Début mai, l’armée israélienne a traversé en secret le fleuve Litani lors d’une opération d’une semaine, annonçant le 12 mai un « contrôle opérationnel » de la zone, y compris des travaux d’ingénierie pour faciliter les futurs franchissements. Le Litani avait délimité les opérations israéliennes depuis 2006. La décision d’Israël de franchir ce fleuve et de progresser vers Nabatieh a immédiatement suscité une réaction à la hausse des attaques du Hezbollah. Le 19 mai, les attaques combinées ont été multipliées par plus de 50 % par rapport aux jours précédents, juste après que l’armée israélienne a repris ses frappes, quelques heures seulement après l’annonce d’une extension de 45 jours du cessez-le-feu. Les attaques de drones ont plus que doublé, passant de 10 à 21, ciblant des mouvements et des positions israéliennes.
Parallèlement, l’éventail des cibles des drones s’est élargi. Après le franchissement de la Litani, les attaques contre le personnel israélien, les véhicules militaires, les engins d’ingénierie et les positions fixes ont fortement augmenté. Les frappes contre bulldozers et autres engins de construction des infrastructures de la zone sécurisée sont passées de 4 avant le passage du Litani à 37 ensuite – soit une multiplication par neuf – tandis que les attaques contre les positions israéliennes ont bondi de 14 à 92. Ces évolutions coïncidaient avec une campagne de drones de plus en plus létale, responsable de 8 des 12 décès parmi les soldats et civils israéliens lors du cessez-le-feu. Ces attaques ont touché des officiers supérieurs, avec la revendication par le Hezbollah d’une frappe contre un véhicule du commandant de la 300e brigade territoriale fin mai, et, deux jours plus tard, la blessure grave du commandant de la 401e brigade blindée.
Ces attaques ont accru la pression politique sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Des écoles près de la frontière nord ont fermé et les Forces de défense israéliennes ont réduit leur présence dans certaines zones au sud du Liban pour limiter les risques liés aux drones. Ce phénomène a créé une forme de déni aérien tactique : Israël, privé de supériorité aérienne face aux drones volant à basse altitude, a vu ses troupes contraintes à se retrancher, avec des déploiements réduits et des manœuvres au sol limitées. En réaction, Netanyahu a constitué une équipe spéciale anti-drones en ordonnant « quoi qu’il en coûte ». Fin mai, un sondage révélait que 60 % des Israéliens souhaitaient un durcissement du combat contre le Hezbollah. Ce dernier augmentait ainsi le coût humain, matériel et diplomatique de la présence israélienne dans la région.
En outre, la campagne de drones du Hezbollah a ciblé non seulement les forces et équipements israéliens, mais aussi les systèmes de défense antimissile et les centres de commandement israéliens. Ces frappes ont doublé après le franchissement du Litani, ralentissant les cycles décisionnels et dégradant la coordination sur le champ de bataille. Les systèmes de défense aérienne sont devenus une cible récurrente, avec un pic de cinq attaques en une seule journée le 23 mai. En affaiblissant ces défenses, le Hezbollah augmentait le risque d’échanges futurs plus destructeurs et imprévus. Sur les 162 frappes au total en Israël nordique, 60 ont eu lieu lors des dix derniers jours de mai, période où les négociations américano-iraniennes étaient les plus intenses et où la menace de dérapage pesait le plus lourd.
Cette campagne répondait simultanément à trois audiences. En Israël, elle renforçait la pression politique intérieure et perturbait la consolidation d’une zone sécurisée. Pour l’Iran, elle maintenait la crédibilité du risque d’une escalade incontrôlée, donnant à Téhéran un levier aux négociations. Pour Washington, elle transformait la poursuite des opérations israéliennes en un obstacle à la conclusion d’un accord souhaité par le président Trump.
Téhéran aurait très probablement lié le Liban aux négociations plus larges de toute façon, compte tenu de l’importance du Hezbollah comme pilier de sa doctrine de défense avancée, qui repose sur la force de ses groupes-proxies pour renforcer la dissuasion iranienne en menaçant de représailles coordonnées contre les cibles américaines et israéliennes. La présence du Hezbollah à la frontière d’Israël est centrale à ce dispositif, lui conférant une capacité crédible à riposter contre Israël et à dissuader des frappes contre l’Iran. Le soutien à ce groupe constitue pour Téhéran une nécessité stratégique difficilement négociable au doigt mouillé.
Par ailleurs, la position d’influence iranienne s’était renforcée, après avoir survécu aux frappes américaines et israéliennes, maintenu la fermeture du détroit d’Hormuz et conservé le Hezbollah comme proxy le plus redoutable à la frontière israélienne. Depuis le cessez-le-feu d’avril, l’Iran a exigé que le Liban soit inclus dans les négociations globales. Sans preuve de coûts croissants sur le terrain, Washington aurait pu ignorer ces demandes comme pure rhétorique. La campagne du Hezbollah a transformé ce calcul : chaque victime, chaque sirène d’alerte, chaque interception manquée ont converti le théâtre libanais d’un problème périphérique en une menace tangible pour les négociations diplomatiques plus globales.
Cette menace a suivi de près les exigences diplomatiques iraniennes, révélant un schéma trop cohérent pour être fortuit. Le 9 avril, quelques heures après que Trump ait affirmé que le Liban n’était « pas inclus » dans le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répliqué que les États-Unis devaient « choisir entre le cessez-le-feu ou la poursuite de la guerre via Israël », rejetant dès l’origine la tentative de Washington de séparer les fronts.
Les médias iraniens ont explicité cette logique. Un article du 9 mai dans Voice of Iran, publié par le bureau du Guide suprême, affirmait que « le Hezbollah n’est pas un groupe de résistance non iranien, mais constitue l’essence même des intérêts nationaux iraniens » et que « l’arme de pression sur le détroit d’Hormuz… tout comme elle sert les intérêts nationaux de l’Iran, peut aussi être utilisée pour défendre la fière résistance libanaise ». Cette stratégie a été coordonnée entre Téhéran et le Hezbollah.
Le 1er juin, Mohammad Mokhber, conseiller du Guide suprême, a rencontré l’envoyé du Hezbollah en Iran, Abdullah Safi al-Din, et déclaré que « tout cessez-le-feu excluant le Liban serait dénué de sens ». Cette coopération s’étendait aussi au niveau opérationnel : une centaine d’officiers des Gardiens de la révolution sont arrivés au Liban après le cessez-le-feu de novembre 2024 pour aider à reconstruire la chaîne de commandement du Hezbollah et, selon un responsable sécuritaire libanais, rythmer ses attaques. Ces liens politiques et militaires témoignent d’une logique stratégique globale où la diplomatie iranienne et le front libanais forment une seule approche intégrée : Téhéran agit à la table des négociations, tandis que le Hezbollah exécute sur le terrain.
Les données d’attaques confirment cette cohérence. Le jour du cessez-le-feu initial, le 16 avril, le Hezbollah a lancé 71 attaques combinées, un record sur toute la campagne, avant de presque totalement suspendre ses actions du 17 au 20 avril. Les attaques ont été minimales après la prolongation de trois semaines du cessez-le-feu le 23 avril, pour reprendre ensuite avec la poursuite des opérations israéliennes. Lors d’une nouvelle extension du cessez-le-feu de 45 jours le 15 mai, Israël a frappé le même jour, et les attaques combinées ont explosé à 186 en une semaine, culminant à 46 le 19 mai. Le 1er juin, Araghchi a averti qu’« une violation sur un front est une violation sur tous les fronts », déclenchant 36 attaques par roquettes et drones, le second total quotidien le plus élevé depuis avril, avec des tirs touchant des cibles civiles plus profondes, signe d’un risque d’escalade plus large.
Le lendemain, alors que Trump intervenait pour contenir la crise, les attaques retombaient à 17. Le Hezbollah, ayant contraint Trump à réagir, baissait la pression. Chaque flambée vérifiait la crédibilité de la menace libanaise de compromettre les négociations, et chaque pause correspondait à un effet visible à la table diplomatique.
L’escalade israélienne a ensuite alimenté cette dynamique, forçant Trump à négocier un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Liban le 3 juin, qui éludait à la fois le désarmement du Hezbollah et le retrait israélien. Cet accord, toutefois, s’est révélé instable dès le départ. Qassem l’a rejeté catégoriquement, le qualifiant de feuille de route vers « l’anéantissement ». Quelques jours plus tard, une attaque du Hezbollah sur une ville israélienne du nord a provoqué une riposte israélienne sur les banlieues sud de Beyrouth. L’Iran a répondu par des tirs de missiles sur Israël, qui a frappé à son tour des bases iraniennes. Le cycle des hostilités a continué, et lorsque Israël a bombardé à nouveau Beyrouth le 14 juin, cette escalade s’est retournée contre Washington, qui a dû accepter des concessions de dernière minute envers l’Iran, incluant l’intégration du Liban dans l’accord pour en conclure la négociation. La stratégie du risque du Hezbollah avait atteint son but. Qassem a qualifié cet accord de « grande victoire » et a remercié l’Iran d’avoir « lié l’arène libanaise » au cadre de l’accord.
Le prix de la liaison
Pour Washington, le succès du Hezbollah se paie cher, en l’attachant à deux problèmes distincts. D’abord, le Liban est désormais structurellement lié à tout accord élargi avec l’Iran – une situation imposée par le Hezbollah que Washington ne peut plus désamorcer. Quelques jours après la signature, des frappes israéliennes ont amené Téhéran à avertir que la poursuite du conflit « remet en cause l’ensemble de l’accord ». La délégation iranienne arrivée en Suisse a placé le Liban en tête de ses priorités. Maintenant que le Liban est inclus dans le pacte, les objectifs plus larges de Washington dépendent de sa capacité à contenir un conflit qu’il n’a pas provoqué, mais ne peut ignorer.
Plus profondément, en tentant de gérer le Liban sur deux pistes diplomatiques séparées, Washington a engagé des accords dont les logiques de fond se contredisent. La piste Israël-Liban vise à renforcer la souveraineté libanaise et le désarmement du Hezbollah, tandis que le cadre américano-iranien accepte tacitement l’influence iranienne au Liban qui maintient le groupe. Cette contradiction est apparue clairement lorsque Washington a passé des messages via des intermédiaires au Hezbollah – précisément le groupe qu’elle souhaite dissoudre – en lui demandant d’arrêter les attaques qu’elle ne parvenait pas à endiguer autrement. Washington se retrouve sans issue claire, car avancer sur une piste compromet désormais l’autre.
Le second enjeu concerne l’alliance américano-israélienne. Les intérêts centraux des États-Unis – mettre fin au conflit, rouvrir le détroit d’Hormuz, conclure un accord nucléaire – sont désormais liés au Liban, puisqu’Iran conditionne ces objectifs à l’arrêt des combats sur ce front. Or, les objectifs israéliens – éliminer la présence militaire du Hezbollah, contrôler le sud Liban, et conserver une liberté d’action – sont en contradiction directe avec la stabilité exigée par l’accord. La période de négociation de 60 jours laisse à Israël le temps de fragiliser ce que la diplomatie ne peut empêcher. Netanyahu a promis de maintenir des forces au sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire », ce qui place les intérêts israéliens sur une trajectoire de collision avec Washington.
Il n’existe pas de solution simple à ces deux problèmes, car ils dépendent tous deux de la résolution du conflit du Hezbollah au Liban. Un règlement durable supprimerait un levier iranien dans de futures négociations et instaurerait des conditions sécuritaires propices au retrait israélien au sud du Liban, comme prévu dans le cessez-le-feu de novembre 2024. En l’absence d’une telle résolution, Washington ne peut que gérer les symptômes sur deux fronts au lieu d’aborder la cause fondamentale. À court terme, sa marge de manœuvre réside dans la prévention d’une escalade susceptible de faire échouer le processus diplomatique plus large, en tempérant l’agressivité israélienne et en poussant pour un retrait progressif du sud libanais.
Washington dispose d’un levier significatif : il a fourni la majeure partie des systèmes de défense antimissile à Israël pendant la guerre, comme l’a rappelé récemment le vice-président JD Vance. Il pourrait être amené à exercer ce levier – en réduisant le soutien diplomatique, en limitant les transferts d’armes ou en retirant l’appui à la défense antimissile – pour faire pression sur Israël afin d’amorcer un retrait progressif. Si Washington ne parvient pas à contenir Israël, l’accord – déjà fragilisé par les événements dans le détroit d’Hormuz – est voué à l’échec.