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Israël et le Hezbollah ont convenu d’un cessez-le-feu vendredi, a indiqué un responsable américain, après des échanges meurtriers entre les deux parties au Liban, mettant une nouvelle fois en péril l’accord visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient, signé il y a moins de deux jours.

Les autorités libanaises ont fait état de 47 morts à la suite des frappes aériennes israéliennes, tandis qu’Israël a annoncé la mort de quatre de ses soldats, soit le plus lourd bilan combiné depuis la conclusion de l’accord entre Washington et Téhéran.

Les négociations prévues entre les États-Unis et l’Iran en Suisse, destinées à renforcer cet accord et à œuvrer pour un règlement durable, ont été reportées sans nouvelle date annoncée. Cependant, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a eu un entretien téléphonique avec le président libanais Joseph Aoun.

La présidence libanaise a indiqué que M. Aoun a remercié Rubio pour le soutien américain, tout en insistant sur « la nécessité que les attaques israéliennes sur le territoire libanais cessent par l’instauration d’un cessez-le-feu global ».

Selon le département d’État américain, Rubio a souligné l’importance que le Liban poursuive ses efforts pour désarmer le groupe armé Hezbollah, actif dans le sud du pays et en conflit avec Israël.

« Ils ont évoqué la prochaine série de négociations, prévue du 23 au 25 juin à Washington, où les deux gouvernements souverains devront progresser vers une paix durable », a déclaré un porte-parole. « Le secrétaire Rubio a rappelé la nécessité de désarmer le Hezbollah et de rétablir le contrôle de l’intégralité du territoire libanais. »

L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a affirmé sur les réseaux sociaux que son pays était engagé à un cessez-le-feu immédiat au Liban, à condition que « le Hezbollah respecte l’accord et cesse ses hostilités ».

L’accord signé cette semaine par le président américain Donald Trump et son homologue iranien Masoud Pezeshkian vise à mettre un terme à une guerre débutée le 28 février par des frappes américano-israéliennes qui avaient coûté la vie au guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei.

Ce pacte entendait également faire cesser les combats au Liban, que l’Iran avait toujours voulu voir inclus dans tout accord, transformant ainsi la campagne israélienne en cours dans ce pays en une source de tension pour Washington.

Selon l’armée israélienne, celle-ci a frappé vendredi plus de 80 cibles du Hezbollah au Liban et tué des dizaines de membres du groupe soutenu par l’Iran.

Une guerre « permanente »

Un responsable américain a indiqué à l’AFP qu’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, effectif immédiatement, avait été négocié par des médiateurs américains et qataris après des discussions avec Israël et l’Iran. Un diplomate du Golfe a confirmé l’accord de trêve.

Malgré l’annonce de la trêve, les médias publics libanais ont rapporté une frappe aérienne israélienne dans le sud du Liban, dans la région de Jezzine.

Cependant, Yechiel Leiter a démenti ces informations : « À 11h30 ce matin, Israël a arrêté toutes ses opérations offensives ; les allégations contraires du Hezbollah et de l’Iran sont de mensonges audacieux. »

Un précédent cessez-le-feu, conclu en avril, n’avait pas empêché les attaques des deux parties. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré quelques heures auparavant que l’armée israélienne ferait payer un « lourd tribut » au Hezbollah, soutenu par l’Iran, pour ses attaques.

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, d’extrême droite, Itamar Ben Gvir, a même déclaré après la mort des soldats : « Tout le Liban doit brûler ».

De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé Israël de ne chercher qu’« une guerre permanente ».

« Pas d’urgence »

Des préparatifs étaient en cours pour accueillir les délégations iranienne et américaine, dirigées respectivement par le principal négociateur de Téhéran Mohammad Bagher Ghalibaf et le vice-président américain JD Vance, dans la station suisse de Burgenstock, surplombant le lac des Quatre-Cantons.

Ces pourparlers devaient lancer une période de négociations de deux mois destinée à examiner les questions en suspens non couvertes par l’accord initial, notamment le programme nucléaire iranien.

Le ministère suisse des Affaires étrangères a confirmé le report des discussions, précisant qu’il « reste prêt à faciliter ces pourparlers ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a indiqué qu’« il n’y a pas d’urgence pour tenir la rencontre », qui est toutefois prévue « dans les prochains jours ».

Un préavis de 48 heures

Un aspect clé de l’accord concerne la réouverture immédiate du détroit d’Hormuz, un passage maritime stratégique dont la fermeture avait provoqué une flambée des prix mondiaux de l’énergie.

Jeudi, 25 navires commerciaux ont traversé le détroit nouvellement rouvert, soit le chiffre le plus élevé depuis la mi-avril, selon les données de la société de suivi maritime AXSMarine publiées vendredi.

Les forces américaines ont levé jeudi le blocus naval parallèle imposé aux ports iraniens, a annoncé l’armée américaine, tout en précisant que des navires de guerre américains « resteront dans la région générale ».

Les autorités maritimes iraniennes ont toutefois précisé vendredi que l’ensemble des navires souhaitant traverser le détroit d’Hormuz doivent soumettre une demande de transit « 48 heures à l’avance », malgré la réouverture.