La guerre en Ukraine ainsi que les conflits mondiaux en cours illustrent comment la prolifération rapide de systèmes d’aéronefs sans pilote (UAS) agiles et armés transforme profondément la guerre moderne. Face à cette menace nouvelle, la collaboration entre l’armée américaine et l’industrie de la défense s’intensifie pour développer des capacités de lutte optimales contre ces drones hostiles.
Le Centre Commandement, Contrôle, Communications, Informatique, Cyber, Renseignement, Surveillance et Reconnaissance (C5ISR) de l’US Army joue un rôle moteur. Aligné sur les principes de rapidité, d’efficacité et de compétitivité, ce centre travaille étroitement avec les développeurs technologiques pour fournir rapidement des solutions de nouvelle génération protégeant les soldats face à des menaces évolutives et létales.
En mai dernier, le C5ISR Center a organisé son tout premier événement dédié aux contre-mesures contre les petits drones, nommé Warden, à Fort A.P. Hill, en Virginie. Cette évaluation collaborative entre gouvernement et industrie a permis de collecter des données, démontrer et tester en conditions réelles différentes technologies non cinétiques de neutralisation de drones. Pendant une semaine et demie, une équipe d’experts du centre a réalisé des tests sur le terrain, confrontant les systèmes en développement à divers drones effectuant des simulations d’attaques.
Lors de cet événement, 17 partenaires industriels ont pu tester leurs systèmes de contre-UAS face à une multitude de menaces aériennes variées. Leurs équipements incluaient notamment des lasers, des brouilleurs de fréquences radio, ainsi qu’un drone intercepteur. Ils ont affronté plus d’une douzaine de types de drones, avec des scénarios réalistes, incluant des attaques par essaim. Ces tests rigoureux ont permis aux industriels de collecter continuellement des données de performance pour affiner leurs systèmes et leurs algorithmes sous-jacents.
Après cette phase de collecte, chaque entreprise a remis ses résultats au C5ISR Center, qui les a comparés aux trajectoires réelles des drones pour valider les données. Cette étape de vérification permet d’évaluer objectivement les performances des systèmes selon des critères récemment établis par le Département de la Guerre et le Comité de la Sécurité intérieure et nationale du Conseil national de la science et de la technologie des États-Unis.
Ces critères, réunis sous le nom de Standard Guidelines for Test and Evaluation of Counter-Unmanned Aircraft Systems Technologies, définissent un cadre commun pour comparer et améliorer les solutions de manière équitable et rigoureuse.
Les progrès issus de l’événement Warden concernent notamment une meilleure détection et identification des menaces à plus longue distance, augmentant la protection des forces. Les algorithmes de capteurs ont été mis à jour pour renforcer la robustesse des systèmes contre drones. De plus, des améliorations facilitent le partage des données entre capteurs, combattants sur le terrain et les centres de commandement.
D’autres évolutions visent à rendre les systèmes de détection et d’interception laser plus adaptés aux escouades mobiles. Ces solutions feront appel à des dispositifs légers, compacts et à faible consommation, pouvant notamment être montés sur arme ou intégrés à des capteurs portables, permettant aux soldats de garder les mains libres tout en neutralisant les menaces.
Les organisateurs du C5ISR Center ont pleinement souligné la valeur de cette collaboration, qui, combinée à une saine compétition, a permis d’identifier les meilleures technologies pour protéger efficacement les soldats américains.
Ce partenariat profite aussi à l’armée. Clint Farrell, chef de projet de Warden, déclare : « En tant qu’arbitre impartial de ces technologies, le C5ISR Center apprend, de manière transparente, quels systèmes sont matures et où subsistent des lacunes nécessitant des investissements complémentaires de la part de l’industrie. »
Beth Ferry, directrice du C5ISR Center, ajoute : « En travaillant main dans la main avec l’industrie, nous sélectionnons les meilleures technologies C-UAS pour nos soldats : haute performance, faible poids et facilité de partage d’informations. Il n’y a pas d’échec chez nos partenaires industriels, seulement des opportunités d’amélioration pour mieux répondre aux besoins des combattants. »