Le Royaume-Uni développe activement des capacités pour ce qu’il désigne comme la guerre orbitale, incluant des systèmes conçus pour perturber, dégrader et bloquer toute activité hostile dans l’espace. Cette évolution s’inscrit dans la préparation des forces armées à un conflit pouvant s’étendre au-delà de l’atmosphère terrestre.
Le Chef d’état-major de la Royal Air Force, Air Chief Marshal Sir Harv Smyth, a souligné lors de la UK Space Power Conference à Londres que les adversaires ne patientaient pas et que le Royaume-Uni devait accélérer la mise en place de ces capacités. L’objectif est clair : défendre les intérêts britanniques et ceux de ses alliés, notamment l’OTAN, en assurant la liberté d’action dans l’espace tout en limitant celle des adversaires.
La guerre orbitale englobe des actions et effets conduits dans l’espace pour atteindre des objectifs militaires, associant notamment la guerre électronique et des systèmes pour contrer les armes antisatellites. Plusieurs investissements majeurs sont engagés, avec 2,3 milliards de livres dédiés aux communications satellites jusqu’en 2030, 880 millions pour le renseignement, la surveillance et le contrôle spatiaux, ainsi que 440 millions pour les technologies spatiales innovantes.
Le système Skynet demeure la pierre angulaire des communications militaires, avec un investissement supplémentaire de 50 millions de livres pour prolonger la vie des satellites Skynet 5 et l’arrivée prévue de Skynet 6A l’année prochaine. Le Royaume-Uni renforce aussi ses capacités de détection et d’analyse en orbite via des infrastructures comme RAF Fylingdales, le radar avancé Deep Space développé avec l’Australie et les États-Unis, et un réseau de capteurs optiques et commerciaux reliés au National Space Operations Centre.
Le système Borealis, atteignant une capacité opérationnelle initiale six mois avant le calendrier prévu, offre une meilleure visibilité des activités spatiales aux commandants. Par ailleurs, des technologies émergentes telles que les systèmes neuromorphiques sont explorées pour assurer une surveillance efficace et économe en énergie des vastes zones orbitales.
Sur le plan organisationnel, la RAF étend ses unités spatiales : les No. 1 et No. 2 Space Operations Squadrons soutiennent respectivement les opérations actuelles et la surveillance tandis que la création du No. 3 Space Effects Squadron se concentre sur les opérations offensives et défensives en espace, visant à perturber, dégrader et nier toute activité hostile.
Des projets sont également en cours pour créer d’autres escadrons dédiés à la formation, aux tactiques, au radar spatial profond et à la défense intégrée air, espace et antimissile. Malgré cette montée en puissance, le Royaume-Uni insiste sur une posture de dissuasion : personne ne souhaite une guerre dans l’espace, mais il faut se préparer à répondre si cette dissuasion venait à échouer.
En résumé, la Grande-Bretagne met en place une stratégie globale et intégrée, combinant investissements technologiques, surveillance renforcée et développement d’une organisation militaire adaptée pour assurer sa souveraineté et sa sécurité dans le domaine spatial désormais crucial et contesté.
