Le ministère néerlandais de la Défense a confié à OPTICS11 un contrat visant à développer et fournir un sonar remorqué à fibre optique containerisé, destiné à renforcer la détection des menaces sous-marines.
Traditionnellement déployés uniquement sur des navires de guerre spécialisés, ces systèmes de sonars remorqués peuvent désormais être installés sur une plus grande variété de navires habités ou sans équipage grâce au concept containerisé développé par OPTICS11.
Dans le cadre du programme « Anti-Submarine Warfare In A Box », le système OptiArray a pour objectif de renforcer la préparation et l’autonomie de la Marine royale néerlandaise face à la multiplication des menaces sous-marines pesant sur les infrastructures sous-marines et maritimes, notamment l’espionnage, le sabotage et la guerre hybride.
Outre la livraison des systèmes opérationnels, ce projet doit permettre d’établir des capacités de production et d’intégration à grande échelle, tout en renforçant l’industrie nationale et les chaînes d’approvisionnement pour les futurs programmes de détection sous-marine.
« L’environnement des menaces sous-marines évolue rapidement, mais la détection avancée était jusqu’à présent limitée à un petit nombre de plateformes navales spécialisées. En containerisant le système OptiArray, nous rendons la détection de haute qualité plus rapide, plus flexible et moins coûteuse », a expliqué Paul Heiden, PDG d’OPTICS11.
« Nous souhaitons établir la norme pour les drones sous-marins et de surface sans pilote, car notre technologie est parfaitement adaptée : légère, compacte, très sensible et précise. À mesure que les infrastructures sous-marines critiques deviennent des zones de plus en plus contestées, la prévention commence par la détection. »
Une détection passive performante
À la différence des sonars remorqués électriques classiques, qui reposent sur des équipements électroniques alimentés et sont sensibles aux interférences électromagnétiques et aux bruits électriques, OptiArray utilise une détection passive par fibre optique, offrant des données acoustiques plus riches.
Cette technologie permet une détection plus précoce des menaces, une meilleure classification des cibles et une amélioration des prises de décision opérationnelles.
Otto Koetsier, chef de projet, précise que les câbles en fibre optique peuvent être beaucoup plus longs que les câbles en cuivre traditionnels, ce qui permet d’équiper davantage d’hydrophones et d’améliorer ainsi la discrimination des signaux.
« On peut rendre ce câble très long. Plus le câble est long, plus il fonctionne efficacement en fibre optique, car la perte de signal est moindre comparée à celle des câbles électriques en cuivre. Et plus le câble est long, plus on peut connecter d’hydrophones, ce qui améliore la capacité à distinguer les signaux du bruit de fond. »
La conception en fibre optique élimine aussi tout risque de court-circuit électrique et ne produit pas de champ électromagnétique ni d’émissions détectables.
Mark Jacobs, directeur commercial d’OPTICS11, souligne que le câble, sans électronique intégrée, ne rayonne aucun signal, ce qui complique la détection par un adversaire.
« Il n’y a pas non plus de champ électromagnétique autour du câble, il ne provoquera donc jamais d’interférences si un radar passe au-dessus, par exemple… Et comme il ne contient aucune électronique, le câble est indétectable et ne rayonne rien. »