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La position militaire, économique et sociale de la Russie se détériore nettement, bien qu’elle conserve encore l’initiative sur le terrain. Ses gains territoriaux cette année sont nettement moins importants et moins constants qu’auparavant, a indiqué un haut responsable de l’OTAN.

Lors d’une rencontre avec la presse au siège de l’OTAN, ce responsable a souligné « un écart grandissant entre les réalités du champ de bataille et la rhétorique de Moscou » et précisé que, si « le président Poutine reste inflexible sur l’Ukraine », la situation globale « commence à se dégrader pour la Russie et à s’améliorer pour l’Ukraine », alors même que l’Ukraine continue à faire face à d’importantes difficultés, notamment en matière de défense aérienne et antimissile.

La Russie conserve l’initiative, mais ses avancées cette année ont été « beaucoup moins régulières », a ajouté l’officiel, qui précise qu’il n’y a « aucune indication de changements majeurs dans le rythme des opérations ni de grande offensive russe imminente ». Au cours des douze derniers mois, les progrès territoriaux russes ont suivi une tendance à la baisse particulièrement marquée depuis janvier, avec des gains dont l’impact stratégique reste limité comparé aux conquêtes des premières phases du conflit.

Les forces russes maintiennent néanmoins une forte intensité d’engagement le long du front, notamment autour de Pokrovsk. Elles poursuivent leur infiltration dans la ville de Kostiantynivka, désormais à moitié occupée dans des combats urbains qui risquent de s’enliser, tandis que les ravitaillements ukrainiens sont sévèrement menacés par des attaques de drones. Le responsable de l’OTAN a comparé cette tactique à celle utilisée par la Russie pour perturber d’abord les voies d’approvisionnement des positions fortes précédentes avant d’encercler lentement leurs défenseurs à grands frais.

Le coût humain pour la Russie est énorme, a précisé l’officiel, qui estime les pertes russes depuis le début de l’invasion à entre 1,3 et 1,5 million de soldats, dont environ 500 000 tués. Ces pertes se chiffreraient à environ 30 000 à 35 000 par mois. Dans le même temps, le recrutement russe s’affaiblit, amenant Moscou à « peiner à trouver de nouvelles solutions pour renforcer ses effectifs », en particulier au sein des groupes d’assaut d’infanterie, et à « s’appuyer de plus en plus sur des détenus, des citoyens endettés et des étrangers ».

Du côté ukrainien, les capacités de commandement et de contrôle ainsi que les effectifs ont tous deux progressé depuis l’hiver, a souligné l’officiel, permettant aux forces ukrainiennes de mieux contrer les tactiques d’infiltration en petites unités privilégiées par la Russie. La dissémination de drones efficaces a profondément transformé les combats rapprochés, allant jusqu’à évoquer avec ironie la situation d’un soldat russe « forcé de se rendre à un drone ukrainien », ajoutant qu’il ne souhaiterait pas « se rendre à un robot ». En outre, la chaîne de commandement russe a commencé à se dégrader depuis que la Russie n’est « plus capable d’utiliser Starlink ».

L’Ukraine a également fortement amélioré ses capacités à frapper la logistique russe en profondeur, touchant désormais des transports situés jusqu’à 200 kilomètres derrière la ligne de front. Néanmoins, le scénario le plus probable pour les six prochains mois reste « une guerre de position prolongée », avec des avancées russes principalement tactiques, soutenues par la mobilisation, la production industrielle intérieure et le soutien de la Chine, de l’Iran et de la Corée du Nord.

Selon l’OTAN, les efforts pour négocier une paix juste et durable se poursuivent, mais aucun signe ne laisse penser que la Russie ait changé de position ou soit prête à faire des concessions significatives. C’est pourquoi, selon cet officiel, « le moment est venu d’intensifier la pression ». Enfin, il a exprimé sa confiance dans la capacité de dissuasion, rappelant que « Vladimir Poutine est convaincu que l’Article 5 de l’OTAN est une menace sérieuse ».

Cette évaluation intervient alors que les ministres de la Défense de l’OTAN se préparent à se réunir à Bruxelles avant le sommet d’Ankara, où le maintien du soutien militaire à l’Ukraine reste une priorité majeure. Elle s’inscrit aussi dans le cadre d’un effort allié plus large, codirigé par le Royaume-Uni et l’Allemagne via le Groupe de contact sur la défense de l’Ukraine, visant à assurer l’approvisionnement continu de Kiev en armes et munitions.