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La Russie se prépare à déployer jusqu’à 115 000 soldats près des frontières des pays nordiques et baltes membres de l’OTAN, selon plusieurs responsables militaires et du renseignement européens, en réponse à la guerre en Ukraine.

Cette évaluation, rapportée par plusieurs sources danoises, repose sur l’analyse d’images satellite ainsi que sur des entretiens avec des responsables militaires et du renseignement de Danemark, Suède, Norvège et Finlande.

Elle intègre également des évaluations des menaces issues des exercices de l’OTAN, axés sur la défense des États baltes et de la Pologne.

Les images satellites examinées par l’ancien officier du renseignement militaire finlandais Marko Eklund révèlent l’expansion des installations militaires russes existantes et la création de nouvelles infrastructures le long des frontières avec l’Europe du Nord et de l’Est.

D’après Marko Eklund, Moscou pourrait rapidement transférer, en quelques semaines si nécessaire, des unités expérimentées en matière de combat provenant d’autres régions de son territoire vers cette zone frontalière.

Le général danois Brian Nissen, qui commanderait une force de l’OTAN pouvant atteindre 150 000 soldats chargée de défendre les États baltes et certaines parties de la Pologne en cas d’agression, a souligné que tout conflit futur avec la Russie s’étendrait sur plusieurs domaines simultanément.

« Ce sera un conflit qui se déroulera sur terre, dans les airs, en mer, dans l’espace et dans le cyberespace », a-t-il déclaré, présentant une guerre « existentielle » qui mettrait à l’épreuve la survie même de « notre mode de vie et notre démocratie ».

La région baltique, point potentiel d’embrasement

Les responsables interrogés ont indiqué qu’il n’existe aucune preuve que Moscou ait pris la décision d’attaquer un pays membre de l’OTAN.

Cependant, ils ont averti que les planificateurs militaires considèrent de plus en plus la mer Baltique comme la zone la plus susceptible de connaître une future confrontation, en raison de son importance stratégique et de sa proximité géographique avec la Russie.

Par ailleurs, ils ont précisé que la Russie ne se contente pas d’augmenter ses forces près des frontières de l’OTAN, mais qu’elle restructure également ses unités militaires.

Il est ainsi rapporté que Moscou remplace certaines brigades d’environ 4 000 soldats par des divisions plus importantes, capables de déployer environ 10 000 personnels et de soutenir des opérations de combat plus étendues.

Plusieurs responsables nordiques du renseignement et militaires ont estimé que les un à trois prochaines années seront déterminantes, alors que la Russie poursuit un rythme élevé de production militaire, tandis que les membres européens de l’OTAN s’efforcent de reconstruire leurs stocks, d’étendre leurs industries de défense et de combler leurs lacunes capacitaires.