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Le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné lundi les incursions et bombardements israéliens dans le sud du pays, au lendemain de violences près des hauteurs du Golan occupées par Israël, qui ont poussé des habitants à fuir temporairement, selon les médias d’État et les témoins locaux.

Les tensions ont augmenté dimanche dans le village d’Abidin, situé dans la région du bassin du Yarmouk, dans la province méridionale de Deraa, après une avancée des forces israéliennes dans la zone. Des résidents en colère ont tenté de bloquer la route avec des pierres pour empêcher la progression de la patrouille.

Les forces israéliennes ont ensuite répliqué par des tirs d’artillerie, provoquant la fuite des habitants vers des villages voisins durant la nuit, ont rapporté les médias officiels ainsi qu’un responsable local.

Dans un communiqué, le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné « les attaques israéliennes représentées par les incursions sur le territoire syrien dans les provinces de Qouneitra et Deraa et le ciblage de la région par des tirs d’artillerie », dénonçant « une violation flagrante de la souveraineté syrienne et de l’intégrité territoriale ».

Depuis le renversement en décembre 2024 du dirigeant syrien de longue date Bashar al-Assad, Israël a déployé des troupes dans une zone tampon surveillée par l’ONU, qui pendant des décennies a séparé les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, occupant ce qu’il appelle désormais une « zone de sécurité » dans le sud de la Syrie.

Israël a également mené à plusieurs reprises des incursions plus profondes dans le territoire syrien, ainsi que des bombardements, affirmant vouloir établir une zone démilitarisée dans le sud syrien.

Mahmud Mowaffaq, responsable local à Abidin, a déclaré à AFP que certains habitants avaient « bloqué une route pour une patrouille israélienne qui tentait d’avancer dans le village » dimanche, pour la première fois.

« Les habitants ont fui dans la nuit en raison des tirs d’artillerie près des habitations, alors que les forces israéliennes se déployaient à proximité », a-t-il ajouté, précisant qu’après le retrait des troupes, « les habitants sont revenus lundi matin ».

Un photographe de AFP a observé un habitant inspecter un obus d’artillerie non explosé à proximité de sa maison.

Selon l’organisation locale Sijil, qui surveille les opérations israéliennes en Syrie, les forces israéliennes ont mené environ 300 opérations ou « violations » dans les provinces de Deraa et Qouneitra au cours du seul mois écoulé, incluant 70 incursions et 28 raids, parfois avec des détentions d’habitants.

L’armée israélienne a indiqué samedi que ses soldats avaient « éliminé plusieurs terroristes armés dans la zone de sécurité du sud de la Syrie ».

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé ce mois-ci que son pays envisageait de maintenir ses troupes en Syrie « pour une durée illimitée ».

Malgré ces tensions persistantes, Israël et les nouvelles autorités syriennes ont tenu plusieurs séries de pourparlers directs et ont convenu d’établir un mécanisme d’échange de renseignements, s’approchant progressivement d’un accord de sécurité.

Israël a conquis la majeure partie du plateau du Golan lors de la guerre arabo-israélienne de 1967, puis a annexé les zones sous son contrôle, une décision non reconnue par la plupart de la communauté internationale.