L’Air Force Global Strike Command a ordonné l’arrêt immédiat de l’utilisation d’un kit de test de communication AN/PRM-10 sur les bases de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) après la découverte de résidus potentiels de polychlorobiphényles (PCB), des substances chimiques cancérigènes.
Cette décision fait suite à un incident survenu à la base aérienne F.E. Warren dans le Wyoming, où un aviateur a été exposé à des résidus de PCB en inspectant un de ces kits. Bien que le personnel concerné n’ait montré aucun effet sanitaire négatif, l’Air Force a lancé une révision complète de tous les kits de test, révélant des traces suspectes sur environ trois quarts de l’inventaire.
En conséquence, la 20e Air Force a stoppé l’usage des appareils obsolètes et procède actuellement à leur remplacement par des équipements plus modernes, sans impact sur la mission des équipages de missiles. Par ailleurs, une procédure de mise au rebut des kits contamination est en cours.
Les bases F.E. Warren, Minot (Dakota du Nord) et Malmstrom (Montana), héritières d’équipements datant de plusieurs décennies, avaient encore en service des composants contenant des PCB, bannis depuis les années 1970. Toutefois, des traces continuent d’être détectées, posant un problème récurrent dans les centres de contrôle des lancements nucléaires.
L’exposition aux PCB et ses risques sanitaires pour le personnel travaillant autour des bases ICBM font l’objet d’une attention particulière depuis plusieurs années. Une étude lancée en 2023 par l’Air Force School of Aerospace Medicine a notamment mis en lumière une augmentation des cas de lymphome de Hodgkin et de cancers testiculaires parmi ce personnel, avec un lien possible avec la présence de ces substances toxiques.
Les autorités militaires affirment leur vigilance accrue et leur engagement à prendre rapidement toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des aviateurs et garantir la sécurité des opérations nucléaires stratégiques.