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Le projet de budget fédéral pour 2027, que le gouvernement allemand s’apprête à adopter lundi prochain, prévoit une augmentation spectaculaire des dépenses de défense. Selon le document de plus de 1 600 pages, ces dépenses devraient progresser de près d’un tiers par rapport à 2026, principalement financées par l’emprunt.

Transmis vendredi dernier par le ministère des Finances aux autres départements, le projet prévoit d’augmenter le budget du ministère fédéral de la Défense (poste budgétaire 14) de 82,7 milliards d’euros à environ 109,7 milliards d’euros en 2027. Cette hausse de 32,7 % constitue la plus importante progression parmi tous les postes du budget fédéral prévu pour 2027.

Explications du ministère de la Défense, dirigé par Lars Klingbeil :

« Les dépenses destinées au budget de la Défense dans ce projet de loi budgétaire pour 2027 augmentent d’environ 16,4 milliards d’euros par rapport au plan financier, pour atteindre près de 109,8 milliards d’euros. Parmi ces sommes, environ 4 milliards d’euros de nouveaux investissements, liés au secteur des transports et auparavant inscrits dans le fonds spécial « infrastructures et neutralité climatique » (SVIK), ont été intégrés.
Le fonds spécial dédié à la Bundeswehr (forces armées allemandes) met à disposition un total de 100 milliards d’euros, dont environ 30 milliards sont prévus pour 2027. Ces ressources serviront à financer des projets d’équipement, incluant les investissements dans l’armement ainsi que la recherche associée, les dépenses en munitions, les projets d’infrastructures, et ceux liés aux technologies de l’information, à la protection et à l’accès sécurisé aux technologies clés et à la logistique pour la Bundeswehr.
L’objectif de ces allocations est de réduire les lacunes capacitaires et de renforcer la capacité de défense et l’engagement dans l’Alliance atlantique. Il est prévu d’utiliser intégralement le fonds spécial Bundeswehr d’ici la fin de l’année 2027.
Suite à la modification de la Constitution en mars 2025, qui permet une dérogation à la règle de la dette spécifiquement pour les dépenses de défense, le gouvernement compte poursuivre sa trajectoire d’augmentation des crédits dans ce domaine, non seulement dans le budget principal (poste 14) mais aussi via l’initiative de renforcement des capacités, ainsi que dans d’autres postes liés à la défense jusqu’en 2030.
Le soutien à l’Ukraine se poursuivra conjointement avec les partenaires européens et internationaux, avec environ 11,6 milliards d’euros prévus en 2027 au poste 60.
Par ailleurs, le gouvernement affirme son engagement envers ses obligations internationales en matière de capacité d’alliance au sein de l’OTAN et de l’Union européenne. La part des dépenses de défense dans le PIB, dite « quota OTAN », est amenée à atteindre 3,5 % d’ici 2029, conformément aux engagements de l’Alliance. »

Cette montée progressive de la « quota OTAN » à 3,5 % du produit intérieur brut d’ici 2029, conforme aux engagements pris dans l’Alliance atlantique, se reflète également dans le plan financier pluriannuel allant de 2027 à 2030.

Au-delà des dépenses d’équipement, le projet de budget inclut aussi un renforcement des effectifs militaires :

« Afin de renforcer la défense nationale et en alliance, le ministère de la Défense prévoit la création de 6 000 postes supplémentaires pour les militaires ainsi que 2 100 postes civils supplémentaires. »

Les débats détaillés sur ce projet budgétaire sont attendus la semaine prochaine après la validation du gouvernement. Une discussion politique générale s’annonce également, notamment face au contraste saisissant entre l’augmentation de près d’un tiers du budget de la Défense et la réduction de 34 % du budget de la Santé, ces deux secteurs étant présentés côte à côte dans le projet.