Le Pakistan reconnaît un partage limité d’informations sur les crues par l’Inde, tout en appelant au respect intégral du traité des eaux de l’Indus. Dans un contexte tendu entre les deux pays, Islamabad insiste sur l’importance de la coopération hydrique via les canaux établis.
Lors d’une conférence de presse hebdomadaire à Islamabad, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Shafqat Ali Khan, a confirmé que l’Inde avait transmis certaines informations concernant les crues des rivières par le biais de canaux diplomatiques. Toutefois, il a souligné que ces informations étaient moins détaillées qu’auparavant.
« Le canal officiel du Commissaire aux eaux de l’Indus n’a pas été utilisé pour cette transmission », a-t-il précisé. « Dans ce contexte, nous réitérons que l’Inde doit se conformer pleinement à toutes les dispositions du traité des eaux de l’Indus », a-t-il ajouté.
Ce rappel intervient après qu’en avril, à la suite de l’attaque terroriste de Pahalgam, l’Inde a suspendu provisoirement le traité datant de 1960. Pour l’Inde, le partage des données relatives aux inondations se fait aujourd’hui pour des raisons humanitaires, à travers les canaux diplomatiques, notamment via la haute commission indienne à Islamabad.
Le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal, a déclaré : « Nous partageons les données sur les crues avec le Pakistan via notre haute commission à Islamabad, dès que cela est nécessaire. Cela est motivé par des considérations humanitaires, compte tenu des précipitations exceptionnelles dans cette région ».
Traditionnellement, ces échanges se font par l’intermédiaire du Commissaire aux eaux de l’Indus, un organe créé dans le cadre du traité. Celui-ci, négocié sous l’égide de la Banque mondiale, régit depuis 1960 le partage des eaux de l’Indus et de ses affluents entre Inde et Pakistan.
Par ailleurs, le porte-parole pakistanais a abordé d’autres sujets, affirmant que le Pakistan restait sérieux dans sa volonté d’adhérer au groupe BRICS et bénéficiait du soutien de la Russie. Il a fait ce commentaire en réponse à une question sur la rencontre entre le Premier ministre Shehbaz Sharif et le président russe Vladimir Poutine en Chine, sans détailler le contenu de leur entretien.
Le BRICS, initialement composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud, s’est élargi en 2024 pour intégrer l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran et les Émirats arabes unis, tandis que l’Indonésie devrait rejoindre le groupe en 2025.
Khan a également souligné que le Pakistan est satisfait de l’évolution positive et du renforcement des relations bilatérales avec la Russie, désormais multiformes et profondes.
Sur le plan sécuritaire, il a exprimé ses préoccupations concernant les sanctuaires terroristes en Afghanistan : « Cela demeure un problème majeur qui complique nos relations, malgré la proximité historique, culturelle, religieuse et linguistique entre nos peuples ». Il a insisté pour que l’Afghanistan prenne des mesures afin que son territoire ne serve pas de base aux activités terroristes dirigées contre le Pakistan.
Concernant les accusations d’actions pakistanaises sur le sol afghan, il a réaffirmé l’engagement ferme du Pakistan à protéger sa population : « Nos forces de sécurité effectuent des opérations ciblées dans les régions frontalières pour prévenir les menaces terroristes ». Il a finalement demandé aux autorités afghanes de garantir que leur territoire ne soit pas utilisé comme plateforme contre le Pakistan.