Après deux mois de tensions intenses, les États-Unis ont levé leur blocus naval du détroit d’Hormuz, suite à un accord de paix signé avec l’Iran. Cette décision marque un tournant dans le conflit opposant les deux pays autour de cette voie maritime stratégique.
Le président américain Donald Trump a annoncé sur les réseaux sociaux avoir autorisé « le retrait immédiat du blocus naval des États-Unis » dans le détroit d’Hormuz.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avait annoncé dimanche la conclusion d’un accord de paix, précisant que les deux parties se réuniraient en Suisse pour signer l’entente officielle vendredi 19 juin.
Depuis plusieurs mois, les forces américaines et iraniennes avaient instauré un double blocus dans le détroit d’Hormuz, passage vital pour le commerce énergétique mondial. L’Iran contrôlait étroitement le trafic maritime en autorisant uniquement certains navires, tandis que la Marine américaine interceptait et repoussait d’autres bâtiments, parfois en tirant pour les stopper. Le Commandement central américain (CENTCOM) avait indiqué avoir dirigé 142 navires commerciaux et neutralisé neuf autres. Cette opération mobilisait plusieurs porte-avions, destroyers et avions de combat.
Ni le CENTCOM, ni le Pentagone n’ont commenté officiellement l’accord ou les déclarations de Donald Trump.
« Les deux parties ont déclaré la fin immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban », a écrit Shehbaz Sharif sur les réseaux sociaux. Le conflit au Liban constituait un point de friction important, surtout après plusieurs frappes israéliennes à grande échelle sur le pays, notamment dans la banlieue de Beyrouth ce week-end, provoquant la colère de Téhéran.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a confirmé l’accord, incluant la levée du blocus américain et la planification de la signature officielle du traité.
Ce nouveau cessez-le-feu, au-delà de la levée du blocus, lance une période de négociation de 60 jours en vue d’un accord de paix final et formel.
Cette entente intervient après une rupture du cessez-le-feu initial conclu en avril. Depuis le 8 avril, des combats limités avaient éclaté, mais la semaine précédente avait été marquée par des échanges de tirs plus lourds entre les forces iraniennes et américaines. L’Iran a notamment lancé des missiles sur Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, tandis que les États-Unis et Israël ont mené des frappes contre des cibles à Téhéran. Jeudi, Donald Trump a indiqué que des attaques à grande échelle contre l’Iran étaient suspendues, même si des affrontements sporadiques continuaient autour du détroit.
Depuis le début du conflit en février, les États-Unis ont subi de lourdes pertes humaines et matérielles dans plusieurs pays : plus de 400 soldats ont été blessés lors d’attaques contre des bases au Moyen-Orient et treize militaires sont décédés, victimes notamment d’aéronefs abattus ou d’incidents sur leurs bases. Plusieurs avions de chasse F-15, des ravitailleurs en vol et des hélicoptères ont été perdus, de même que des installations radar et d’autres infrastructures stratégiques.