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Après plus d’un mois sans frappes aériennes en Somalie, l’armée américaine a rapidement intensifié ses opérations dans le pays au cours de la semaine dernière. Les forces américaines ont mené quatre frappes en soutien aux autorités somaliennes, toutes ciblant des militants d’al-Shabab.

Selon le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM), les forces américaines ont effectué quatre frappes aériennes contre al-Shabab entre le 14 et le 19 juin. Ces attaques sont les premières en Somalie depuis la dernière opération ciblant la branche somalienne de l’État islamique, menée le 6 mai.

Les communiqués d’AFRICOM annonçant ces opérations étaient quasiment identiques, ne différant que par la date et le lieu des frappes.

« AFRICOM, conjointement avec le gouvernement fédéral somalien et les forces armées somaliennes, poursuit ses actions pour dégrader la capacité d’al-Shabaab à menacer les forces américaines et nos citoyens à l’étranger », indiquent ces communiqués. « Les détails précis concernant les unités et les moyens engagés ne seront pas divulgués afin de préserver la sécurité opérationnelle. »

AFRICOM n’a pas fourni de précisions quant aux emplacements exacts, se limitant à indiquer que les frappes ont eu lieu dans le sud du pays, dans la région du Bas Juba ou aux abords de la ville de Kismayo. Cependant, les médias locaux somaliens rapportent que les combats visaient des bases et des dépôts logistiques utilisés par les militants affiliés à al-Qaïda.

Selon des responsables de Jubaland cités par la presse locale, ces opérations ont été appuyées par des frappes aériennes, tandis que la région de Hiiraan évoque la neutralisation de 14 combattants d’al-Shabaab, attribuant ces pertes à l’unité des forces spéciales Danab, formée par les États-Unis.

Cette interruption temporaire des frappes en Somalie constitue une pause dans la tendance récente des forces américaines, qui mènent régulièrement des opérations aériennes dans le pays depuis plus d’un an. En mai, AFRICOM n’a mené que deux frappes contre l’État islamique en Somalie, concentrant néanmoins ses efforts sur le Nigéria, où la présence américaine s’est accrue depuis une opération menée à Noël. Cette opération conjointe américano-nigériane a permis l’élimination d’Abu-Bilal al-Minuki, numéro deux mondial de l’État islamique.

Selon les chiffres officiels d’AFRICOM, les États-Unis avaient déjà mené 63 frappes en Somalie cette année avant juin. Les frappes récentes portent à plus de la moitié le nombre total d’opérations en 2026, contre 126 en 2025, année où l’administration Trump avait fortement intensifié la campagne aérienne après un ralentissement sous la présidence Biden. En 2024, seuls 11 raids avaient été effectués.

Par ailleurs, l’armée américaine renforce aussi ses capacités en renseignement et en conseil culturel en Somalie. Comme l’a rapporté Military Times début juin, la Task Force conjointe des opérations spéciales en Somalie (JSOTF-SOM) cherche à recruter des conseillers culturels et politiques pour faciliter les échanges avec les dirigeants gouvernementaux et tribaux somaliens. Selon la sollicitation officielle, cette présence vise à permettre à la Task Force de mener sa mission en comprenant les us et coutumes locaux, l’histoire, les dynamiques tribales et le contexte socio-culturel.

Enfin, cette année, les États-Unis ont entrepris une rénovation majeure de la base aérienne de Manda Bay au Kenya, un site clé utilisé par les forces américaines pour leurs opérations contre al-Shabab et l’État islamique dans la région. Cette installation constitue un point de relais stratégique pour les aéronefs engagés dans la lutte contre les groupes armés en Somalie.