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L’Italie a confirmé qu’elle ne financera pas l’achat d’armes américaines destinées à l’Ukraine, marquant ainsi une volonté de limiter ses dépenses militaires. Cette décision intervient alors que Rome se montre réticente à s’engager pleinement dans certains programmes européens et de l’OTAN dédiés à la défense et au soutien militaire à Kiev.

Lors de son intervention devant le Parlement italien cette semaine, le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a indiqué que l’Italie refusait de soutenir le programme de l’OTAN dit « Liste des exigences prioritaires pour l’Ukraine » (PURL), par lequel les pays membres s’engagent à financer l’achat d’armes américaines destinées à être ensuite livrées à l’Ukraine.

« Nous avons dit non dès le départ, et nous continuons à dire non », a déclaré Crosetto, insistant sur le refus clair de l’Italie concernant le PURL.

Ce mois-ci, l’OTAN a annoncé que les donateurs avaient promis près de 6 milliards de dollars dans le cadre de ce programme, fonds principalement alloués à des systèmes de défense aérienne pour l’Ukraine. Grâce à ce dispositif, environ 70 % des missiles pour les batteries Patriot ukrainiennes et 90 % des munitions utilisées dans d’autres systèmes antiaériens ont été financés par des achats américains.

Parmi les pays contributeurs figurent notamment l’Allemagne, le Canada, les Pays-Bas et la Suède, cette dernière ayant récemment annoncé une contribution à hauteur de 543 millions de dollars.

Le choix de l’Italie de ne pas participer à ce programme survient après son annonce probable de non-adhésion au programme NEC (Neutralisation des Effets Comptables) de l’Union européenne. Ce dispositif permet aux États membres d’exclure certains montants de leurs dépenses de défense des calculs du déficit budgétaire annuel, facilitant ainsi des achats militaires supplémentaires sans enfreindre les règles financières européennes.

De plus, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a également laissé entendre que l’Italie pourrait ne pas intégrer le programme de prêts SAFE de l’Union européenne, lequel prévoit jusqu’à 14,9 milliards d’euros de prêts à coût réduit pour le financement des dépenses de défense.

Meloni a souligné la nécessité, pour son gouvernement, de se concentrer sur la prise en charge de la hausse des prix de l’énergie, un thème sensible auprès des électeurs à l’approche des prochaines élections. Dans ce contexte, le financement croissant de la défense devient moins populaire sur le plan politique.

Guido Crosetto, favorable à l’adoption des prêts SAFE, a néanmoins rappelé que la décision d’y adhérer revient au ministère italien des Finances. « Le ministère de la Défense ne peut pas décider seul d’entrer ou non dans SAFE », a-t-il précisé devant les parlementaires.

Selon des sources gouvernementales italiennes, les discussions sur l’utilisation de ces prêts sont toujours en cours.

Le lundi précédent, Crosetto s’est rendu aux États-Unis pour rencontrer le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth. Après leur entrevue, ce dernier a affirmé qu’ils étaient d’accord sur « l’urgence pour les alliés de l’OTAN d’augmenter leurs dépenses en matière de défense, d’élargir la production industrielle militaire et de déployer des forces crédibles en capacité de combat ».

Lors d’une réunion ministérielle de l’OTAN à Bruxelles, le jeudi suivant, Pete Hegseth a également critiqué certains des plus grands membres de l’alliance, déclarant : « Certaines des plus grandes économies et des pays les plus riches de l’OTAN, qui se vantent de défendre l’ordre international fondé sur des règles et l’union des puissances moyennes, semblent encore croire que l’ère de l’exploitation injuste est arrivée ». Il n’a toutefois pas nommé explicitement les États visés.

Alors que Giorgia Meloni insiste sur la nécessité de réduire le coût de la vie en concentrant les dépenses sur le plan intérieur, l’Italie a néanmoins informé l’OTAN de son engagement à porter ses dépenses militaires à hauteur de 5 % du PIB. Ce niveau comprend 3,5 % pour l’armement et 1,5 % pour la sécurité nationale.

En 2023, Rome avait déjà annoncé une progression de ses dépenses militaires, passant d’environ 1,5 % à 2 % du PIB, en reclassant notamment au budget défense les dépenses précédemment allouées à la police fiscale, à la garde côtière, ainsi qu’aux domaines de la défense spatiale et cybernétique.

Le 11 juin, Meloni a annoncé devant le Parlement que l’Italie porterait ses dépenses de défense à 2,8 % du PIB en 2024, une augmentation de 0,71 % financée surtout par les crédits liés à la défense nationale.

Ces nouvelles enveloppes budgétaires couvriront, selon des sources gouvernementales, des domaines variés tels que la sécurité des frontières, la cybersécurité, l’espace et les technologies à double usage, représentant la part de 1,5 % supplémentaire recommandée par l’OTAN.