En Suède, les pilotes de drones, qu’ils pratiquent en loisir ou dans un cadre professionnel, doivent être enregistrés comme opérateurs auprès de l’Autorité suédoise des transports (Transportstyrelsen). Or, ces données personnelles sont considérées comme des documents publics et peuvent être consultées librement, ce qui pose un risque de sécurité, notamment en cas de conflit armé où des puissances étrangères pourraient exploiter ces informations pour recenser les pilotes suédois.
En effet, toute personne volant avec un drone équipé d’une caméra ou remplissant certaines conditions doit s’enregistrer auprès de Transportstyrelsen, ce qui concerne quasiment tous les drones à l’exception des jouets. Ce registre est désormais accessible aux tiers, comme l’a confirmé l’envoi d’un questionnaire aux opérateurs enregistrés par Svenska Drönarnätverket, une organisation affiliée aux entreprises de transport.
Dans leur communication officielle, ils indiquent :
« Une fois par an, nous réalisons une enquête sectorielle auprès des opérateurs de drones enregistrés, et c’est à nouveau le moment.
[…]
Les coordonnées ont été extraites du registre des opérateurs de drones tenu par Transportstyrelsen. Dans la mesure où votre adresse e-mail peut être associée à une personne physique, elle est traitée conformément à l’intérêt légitime aux termes de l’article 6.1 f du règlement général sur la protection des données (RGPD). Ces données sont utilisées uniquement pour cet envoi et seront effacées par la suite. »
Cette situation représente une menace sécuritaire comparable à la divulgation des listes des chasseurs détenteurs de permis de chasse, susceptibles de posséder des armes à domicile. Contrairement à cette organisation professionnelle, une puissance étrangère ne se soucierait pas du RGPD. En cas de guerre, ces données pourraient être exploitées pour identifier des opérateurs de drones, qui pourraient ensuite mettre à profit leurs compétences au profit d’un belligérant. Il est également plausible que les pilotes de drones des forces armées suédoises soient enregistrés dans ce registre, notamment si ces militaires possèdent également un drone à usage privé. Toutes ces informations peuvent ainsi être utilisées pour dresser des profils précis.
Un accès complet au registre peut être soumis à des frais administratifs, lesquels restent souvent facturés après coup. De fait, si une ambassade étrangère, par exemple russe, demande ces données, elle pourrait choisir de ne pas régler ces coûts sans réel recours possible pour les autorités suédoises.
Dans le climat géopolitique actuel, il est essentiel de réfléchir aux informations qui doivent impérativement rester confidentielles vis-à-vis des autorités. Il est tout à fait envisageable de limiter l’accès à certains documents publics, comme le fait déjà l’Agence suédoise des impôts (Skatteverket) en filtrant les détails des déclarations fiscales transmises par les banques et institutions financières, ne fournissant que des synthèses simplifiées.