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Les forces armées américaines n’ont plus utilisé d’hydravion depuis 1983, lorsque la Garde côtière a retiré du service le HU-16 Albatross, un appareil amphibie essentiel durant 73 ans pour les missions de recherche et sauvetage ou de ravitaillement.

Le théâtre d’opérations du Commandement du Pacifique des États-Unis couvre plus de 100 millions de miles carrés – soit plus de la moitié de la surface terrestre – dont la majorité est composée d’étendues maritimes, mettant ainsi en valeur la rareté des terrains disponibles et les infrastructures aériennes limitées.

Dans ce contexte, maintenir la logistique pour des équipes dispersées dans des zones austères, dépourvues d’infrastructures sécurisées, représente un défi majeur, particulièrement au regard des doctrines récentes comme les Expeditionary Advanced Base Operations des Marines ou les Multi-Domain Operations de l’Armée.

Les bases aériennes et ports existants constitueraient par ailleurs des cibles prioritaires en cas de conflit, compliquant davantage les opérations.

Pour répondre à ces contraintes, le Corps des Marines investit dans une nouvelle classe de navires de débarquement moyens, tandis que l’Armée cherche à moderniser sa flotte amphibie. Des aéronefs polyvalents tels que le MV-22 Osprey et le futur MV-75 sont également mis en avant pour leur capacité à transporter des charges sur de longues distances.

Par ailleurs, le Pentagone a engagé des projets pour développer un nouvel hydravion de grande capacité, notamment le Liberty Lifter conçu par General Atomics et Aurora Flight Sciences, capable de rivaliser avec la charge utile du C-17 tout en opérant depuis l’eau. L’Armée de l’air a également travaillé sur un concept d’hydravion basé sur le C-130.

Cependant, ces projets n’ont pas encore abouti et l’avancée des drones remet en cause la nécessité opérationnelle d’un tel avion. Les UAV comme le MQ-9B SeaGuardian peuvent effectuer des missions de surveillance étendues et trouver des équipages d’aéronefs abattus ou des naufragés sur de vastes zones maritimes. Ils sont également développés pour le ravitaillement, l’évacuation médicale ou la lutte anti-sous-marine – missions traditionnellement assurées par les hydravions.

Malgré tout, ces technologies ne sont pas encore totalement matures. Une solution immédiate serait donc d’acquérir le US-2 de la Self-Defense Maritime Force japonaise, un hydravion à turbopropulseurs doté de caractéristiques remarquables :

  • Une autonomie de 2900 miles, une vitesse maximale de 530 km/h et un plafond de 30 000 pieds.
  • Un décollage nécessitant seulement 900 pieds d’eau et un atterrissage 1100 pieds.
  • La capacité unique de voler à très basse vitesse (55 mph) grâce à un moteur supplémentaire générant un flux d’air sur les surfaces de contrôle.
  • Une aptitude à opérer dans des vagues atteignant 3 mètres, soit un tiers de la hauteur totale de l’appareil.

Les forces américaines ont déjà effectué des entraînements avec cet appareil japonais, et importer une petite flotte US-2 permettrait de résoudre nombre des défis logistiques dans le Pacifique, en profitant également de l’ouverture progressive de l’industrie de défense japonaise vers l’exportation.