La santé mentale des marins américains représente un défi majeur pour leur préparation opérationnelle, notamment durant les déploiements en zone de combat.
Le stress pré-déploiement et les conditions éprouvantes en mer aggravent les difficultés psychologiques rencontrées par les équipages, comme le souligne l’exemple du destroyer USS Abraham Lincoln et d’autres navires engagés dans des opérations en mer Rouge et au Moyen-Orient.
En effet, une partie significative des marins souffre d’épuisement et de baisse de moral, avec des rapports faisant état de pensées suicidaires, ce qui impacte directement l’efficacité des équipages.
Un système de soutien en trois niveaux insuffisant
À terre, la Marine s’appuie sur un système à trois niveaux couvrant les conseils spirituels, le soutien familial, et les soins médicaux d’urgence. Toutefois, des restrictions réglementaires limitent l’accès à des traitements spécialisés, notamment en matière de thérapie des traumatismes, en particulier via le service Military OneSource. Cette situation est problématique, notamment pour les réservistes et les marins en transition.
Le nombre de thérapeutes agréés pouvant intervenir dans ce cadre reste insuffisant, et la répartition géographique des programmes de formation certifiés ne correspond pas aux besoins des principaux foyers de la flotte, avec des régions comme Hawaii particulièrement sous-équipées.
Un besoin accru de soutien en mer
Le modèle actuel de soutien embarqué repose sur une « triade de soins » composée de psychiatres, psychologues, conseillers et aumôniers, avec seulement une quarantaine de postes dédiés répartis sur les navires amphibies et porte-avions. Actuellement, seuls quelques navires disposent pleinement de ce dispositif, ce qui ne répond pas à l’ampleur des besoins.
Des retours récents indiquent qu’une grande partie des marins estime ne pas recevoir une aide adéquate pour gérer le stress au cours des missions en mer.
Propositions pour renforcer la résilience
Pour remédier à ces lacunes, plusieurs mesures sont recommandées :
- Lever les restrictions imposées aux cliniciens de Military OneSource afin de leur permettre d’offrir des soins de traumathérapie, ce qui élargirait immédiatement l’accès à ces services pour les marins en service actif et réserve.
- Mettre en place un programme pilote de subventions universitaires visant à accroître la formation de conseillers agréés dans les zones clés de la marine, renforçant ainsi le vivier de thérapeutes éligibles à TRICARE.
- Créer un corps auxiliaire civil de conseillers en résilience, composé de cliniciens expérimentés et retraités militaires, pouvant intégrer les équipes de soutien embarquées lors de grandes opérations, notamment en cas de conflit majeur.
Ce corps auxiliaire fonctionnerait à temps partiel en période de paix avec une rémunération modeste, et passerait en statut actif lors de mobilisation, assurant ainsi un renfort rapide et qualifié.
L’ensemble de ces mesures vise à assurer une prise en charge mentale continue, du pré-déploiement au retour à terre, afin de préserver la santé psychique des marins et leur capacité opérationnelle, notamment dans un contexte stratégique de confrontation avec des puissances comme la Chine.
Comme l’a rappelé l’amiral Daryl Caudle, Chief of Naval Operations, il est essentiel que chaque jour et dans chaque unité, l’énergie soit concentrée sur la préparation des marins à faire face au stress et aux exigences du combat.