Le ministère de la Défense britannique a précisé les circonstances d’un incident survenu dans la Manche, où une frégate russe a tiré des coups de sommation à proximité d’un yacht britannique. Selon le ministère, ces tirs visaient à éviter une possible collision et n’étaient pas dirigés contre le voilier.
Un porte-parole du ministère de la Défense a expliqué que « suite à des tentatives de prise de contact avec un navire britannique dans le détroit, la frégate Grigorovich a tiré des coups de sommation », précisant que ces « tirs n’étaient pas dirigés vers le navire mais constituaient une tentative d’éviter une éventuelle collision ». Le ministère a réaffirmé qu’il s’agissait « d’un incident isolé, sans lien avec l’interception du Smyrtos ce week-end par le Royaume-Uni », et a confirmé que le patrouilleur hauturier de la Royal Navy HMS Mersey avait surveillé le navire russe, tout en apportant un soutien à l’équipage du yacht.
Selon les informations recueillies, la frégate Admiral Grigorovich signalait aux autres bâtiments qu’elle dérivait, c’est-à-dire qu’elle n’était pas en mouvement propulsé. Cette situation pourrait avoir rendu le navire plus vulnérable face à un autre bâtiment approchant. Après avoir émis différents signaux d’alerte, la frégate a tiré plusieurs coups de sommation, sans viser directement le yacht.
Les raisons de l’immobilisation de la frégate russe restent inconnues.
Il est précisé que les tirs consistaient en coups uniques, et non en tirs automatiques.
Ces précisions modifient la perception initiale de l’événement, qui laissait entendre qu’un navire de guerre russe aurait ouvert le feu à proximité d’une embarcation civile britannique. En réalité, il s’agit d’une procédure maritime rare mais reconnue : un bâtiment immobilisé ou dérivant souffre d’une capacité limitée à manœuvrer rapidement pour éviter un autre navire, et les coups de sommation, après d’autres signaux, sont un moyen d’avertir un navire jugé trop proche.
Cependant, le fait qu’un navire russe ait tiré des coups de feu à proximité d’un yacht battant pavillon britannique dans l’un des espaces maritimes les plus fréquentés et sensibles au monde demeure un événement marquant.
La Manche est une voie navigable très fréquentée par des navires commerciaux, militaires et de plaisance. Les frégates russes transitent régulièrement dans cette zone lors de leurs déplacements entre ports d’attache, étant systématiquement suivies par la Royal Navy, ce qui explique la présence du HMS Mersey lors de l’incident. Celui-ci s’est produit à environ 20 milles nautiques au sud de l’île de Wight, en eaux internationales. Le yacht n’a signalé ni blessé ni dommage, et a poursuivi sa route. Un navire de servitude du patrouilleur HMS Tyne avait auparavant accosté pour vérifier l’état des personnes à bord.
L’Amiral Grigorovich est le navire amiral d’une classe de frégates russes équipées de missiles de croisière anti-navires et sol-air, ainsi que d’une artillerie principale.
Le ministère de la Défense a confirmé que son évaluation, selon laquelle l’incident était isolé et sans rapport avec l’abordage la semaine dernière du tanker sanctionné Smyrtos, saisi par les Royal Marine Commandos et la National Crime Agency dans la première opération britannique de ce type, reste inchangée.