Donald Trump annonce son intention d’autoriser l’Ukraine à fabriquer des missiles intercepteurs Patriot, en réponse à la demande urgente de Kiev pour renforcer sa défense antimissile face à la Russie. Cette déclaration, faite à la veille du sommet de l’OTAN, marque une étape potentielle dans le soutien occidental à l’effort ukrainien.
Le président américain a déclaré au président ukrainien Volodymyr Zelenskyy : « L’une des choses dont nous allons discuter, c’est de vous accorder une licence pour fabriquer des Patriots. C’est une excellente nouvelle, n’est-ce pas ? »
L’Ukraine, confrontée à une intensification des attaques russes par missiles, a exprimé un besoin urgent d’intercepteurs supplémentaires pour protéger ses villes. Il reste toutefois ambigu si cette production serait envisagée directement sur le sol ukrainien ou dans un autre pays européen, Zelenskyy explorant les deux options.
Les stocks ukrainiens de missiles Patriot sont désormais à un niveau alarmant, exposant le pays à un risque accru face à la campagne de frappes russes. Lors du sommet de l’OTAN, Zelenskyy a demandé à ses alliés un renfort d’intercepteurs tout en insistant sur la nécessité d’augmenter durablement la production, face à une demande qui dépasse largement les capacités actuelles.
Donald Trump s’est montré globalement positif à l’égard de Zelenskyy, saluant la stratégie ukrainienne dans ce conflit et évoquant la mise en place d’une garantie de sécurité pour Kiev en cas de nouvelle offensive russe après la fin de la guerre.
« Nous allons travailler sur une garantie de sécurité », a-t-il affirmé. « Si nous obtenons un bon accord, nous aiderons l’Europe. » Il a également ajouté : « Si un accord est conclu, la Russie sera satisfaite et pourra passer à d’autres sujets. »
Dans le cadre du programme Patriot, Trump propose de transférer à l’Ukraine la responsabilité de produire ses propres systèmes de défense. « De cette manière, ils ne pourront pas se plaindre de ne pas recevoir assez d’équipements », a-t-il expliqué. « Je dirais : fabriquez-les vous-mêmes. »
Interrogé à plusieurs reprises sur ce projet, Trump a semblé faire référence aux missiles intercepteurs Patriot, sans toutefois préciser les modalités exactes de l’autorisation envisagée.
Le système Patriot est l’un des plus avancés et stratégiquement importants de l’arsenal occidental en matière de défense aérienne. Toute licence de production nécessiterait à la fois l’accord de l’industrie américaine et des agences gouvernementales concernées.
Trump a reconnu ne pas avoir encore consulté Raytheon et Lockheed Martin, les fabricants des systèmes Patriot. « Nous ne leur avons pas encore communiqué cette idée, mais tout ira bien », a-t-il assuré, soulignant que ces entreprises seraient certainement favorables au projet.
Malgré la complexité technologique du système, il s’est dit convaincu que l’Ukraine serait capable de maîtriser rapidement le processus de production. « C’est en réalité très complexe, mais ils comprendront vite cette complexité », a-t-il déclaré.
Le système Patriot est une plateforme clé pour l’Ukraine dans sa lutte contre les attaques russes, qui continuent de viser villes, infrastructures énergétiques et objectifs militaires à l’aide de missiles et drones.
Alors que certains craignaient que l’attitude initiale peu chaleureuse de Trump lors du sommet n’entrave ses relations avec Zelenskyy, leur rencontre s’est finalement déroulée sous de bons auspices, marquant un moment positif dans la coopération bilatérale.
Cependant, Trump a écarté l’idée d’intensifier les sanctions économiques contre Moscou, une autre requête majeure de Kiev. « Nous exerçons déjà une forte pression sur le président Poutine », a-t-il répondu à propos d’une éventuelle nouvelle vague de sanctions. « Je ne pense pas qu’il soit satisfait de la situation actuelle. Il subit beaucoup de pression pour agir. »