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Après des années d’hésitations et alors que l’Allemagne ne disposait pas de ces systèmes d’armes sur son sol, les États-Unis sont désormais prêts à fournir aux forces armées allemandes des missiles de croisière sol-air Tomahawk. Cette annonce a été faite par le chancelier fédéral Friedrich Merz lors de sa déclaration devant le Bundestag, après un accord conclu avec le président américain Donald Trump. La date exacte de livraison des armes reste cependant incertaine.

Friedrich Merz a déclaré, à son retour du sommet de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le jeudi 20 juillet :

« Lors de ce sommet à Ankara, nous avons également convenu avec le gouvernement américain que des missiles Tomahawk américains seraient acquis par nous et stationnés en Allemagne. Cela comble une importante lacune stratégique dans notre défense. Parallèlement, nous travaillerons au développement de systèmes européens propres, qui seront également déployés sur le continent. »

Le chancelier n’a pas précisé les détails. Selon des sources gouvernementales, le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius et son homologue américain Pete Hegseth ont signé, le 7 juillet, une lettre d’intention après plusieurs discussions entre Merz et Trump et des négociations conduites par les conseillers à la sécurité nationale des deux pays.

Les États-Unis devraient délivrer en août une autorisation pour la vente du système de lancement Typhon, destiné à l’emport et au tir au sol des missiles Tomahawk, ainsi que les missiles eux-mêmes. Le nombre exact d’engins et de lanceurs ne sera pas rendu public.

Il sera intéressant de voir si cette confidentialité sera respectée par Washington, car lors de ventes précédentes, notamment à destination des Pays-Bas, ou dans des annonces récentes concernant d’autres ventes d’armes, le gouvernement américain communiquait habituellement les chiffres précis et les coûts.

Ces systèmes ne seront pas exploités par des soldats américains, mais bien par la Bundeswehr, ce qui offrira à l’armée allemande la capacité d’utiliser pour la première fois des armes de précision à longue portée. Le missile Tomahawk, dans sa version actuellement disponible, possède une portée d’environ 1 600 kilomètres. Il convient de noter que l’affirmation souvent relayée d’une portée de 2 500 kilomètres correspond à une ancienne version dotée d’armes nucléaires, qui n’existe plus. Cette erreur, tout comme l’idée selon laquelle des armes nucléaires seraient ainsi introduites en Allemagne, relève strictement de la désinformation.

Le ministre Pistorius avait déjà sollicité, en juillet 2025, lors d’un entretien avec Pete Hegseth, la vente du système de lancement dans une lettre de demande officielle. Le gouvernement allemand était resté sans réponse jusqu’à ces derniers jours. Par ailleurs, la Maison-Blanche avait même rejeté l’implantation de missiles Tomahawk sur le territoire allemand comme partie intégrante d’une task force américaine, une décision prise sous les gouvernements précédents de la chancellerie Scholz et de la présidence Biden.

De nombreuses questions fondamentales subsistent, la principale étant celle des modalités et surtout du calendrier de livraison de ces systèmes en Allemagne. Les États-Unis ont en effet récemment évoqué un déficit en missiles Tomahawk dans le cadre de leurs opérations militaires au Moyen-Orient, notamment contre l’Iran, ce qui laisse planer une certaine incertitude sur les livraisons effectives.

Un autre point reste en suspens : l’accord actuel semble porter uniquement sur les systèmes terrestres. La Marine allemande, quant à elle, a manifesté un intérêt pour les missiles de croisière opérationnels depuis longtemps dans sa flotte. Le contre-amiral Jan-Christian Kaack avait confirmé en 2025 que la Marine envisageait une montée en puissance rapide de ses capacités de combat, y compris à travers l’acquisition de ces missiles. Aucune précision n’a encore été communiquée concernant les livraisons ou le déploiement de missiles Tomahawk navals.

(Photo d’archive, juin 2023 : lancement d’un missile Tomahawk à partir du lanceur Typhon du système Mid-Range Capability – Darrell Ames/U.S. Army Photo)