Un pays allié de l’OTAN a formellement exprimé son intérêt pour les chasseurs MiG-29 que la Pologne prévoit de livrer à l’Ukraine. Cette information a été révélée par le vice-ministre polonais de la Défense, Pawel Zalewski, qui n’a pas dévoilé l’identité du pays demandeur, tout en réaffirmant que la priorité de Varsovie reste la remise des appareils à la Force aérienne ukrainienne.
Les autorités polonaises indiquent que les négociations sur le transfert des MiG-29 se poursuivent, mais dépendent encore de la finalisation des accords bilatéraux entre la Pologne et l’Ukraine. L’apparition d’un nouvel intéressé vient introduire un élément inattendu dans les discussions concernant le devenir des MiG-29 restants de l’armée de l’air polonaise.
Bien que le gouvernement garde le secret sur le pays concerné, les analystes et médias spécialisés pointent la Bulgarie comme principale candidate. En effet, parmi les membres de l’OTAN, seuls la Pologne et la Bulgarie opèrent encore le MiG-29. Sofia a entamé le remplacement de ses avions soviétiques par des F-16V Block 70, mais le calendrier de livraison prévoit que la flotte ne sera complète que dans plusieurs années.
En attendant la réception de ses nouveaux chasseurs, la Bulgarie rencontre des difficultés pour maintenir ses MiG-29 en condition opérationnelle. Les sanctions imposées à la Russie ont interrompu l’approvisionnement en pièces détachées auprès du constructeur d’origine, réduisant fortement la disponibilité des appareils. Dans ce contexte, l’arrivée d’avions ou de pièces en provenance de Pologne pourrait assurer la continuité des opérations jusqu’à l’achèvement de la modernisation de l’armée de l’air bulgare.
Cette situation est également liée aux négociations en cours entre Varsovie et Kiev. En juin, les autorités polonaises avaient indiqué que le transfert des MiG-29 était temporairement suspendu, le temps de finaliser un accord de coopération autour des technologies ukrainiennes de drones. La Pologne considère que l’expertise ukrainienne en matière de systèmes sans pilote représente un atout stratégique pour son industrie de défense.
Depuis le début du conflit à grande échelle en Ukraine, la Pologne s’est imposée comme l’un des alliés militaires majeurs de Kiev, devenant le premier membre de l’OTAN à fournir des avions de combat à l’Ukraine. Une partie des MiG-29 a été livrée dès 2023, permettant à la force aérienne ukrainienne de renforcer rapidement ses capacités, les pilotes et le personnel technique maîtrisant déjà ce modèle d’origine soviétique.
Parallèlement, Varsovie mène un vaste programme de modernisation de sa force aérienne. Les MiG-29 sont progressivement remplacés par des chasseurs sud-coréens FA-50 et par les furtifs F-35A Lightning II, qui constitueront l’épine dorsale de la défense aérienne polonaise dans les décennies à venir. Ce retrait progressif des MiG-29, l’un des derniers chasseurs soviétiques en service dans l’OTAN, marque une étape importante vers une intégration accrue de la Pologne aux standards technologiques de l’Alliance atlantique.
Fernando Valduga