Une arme britannique à bas coût, développée spécifiquement pour l’Ukraine dans le cadre du projet Brakestop, pourrait prochainement intégrer l’arsenal des forces armées britanniques, indique une source du ministère de la Défense.
Interrogé sur la possibilité que ce projet serve aussi à renforcer la capacité militaire du Royaume-Uni, en plus d’équiper l’Ukraine, un responsable de la Défense a souligné que cette question illustrait parfaitement l’approche du Plan d’Investissement de la Défense en matière de munitions. « La réponse concernant Brakestop est oui, cette arme pourrait très bientôt faire partie de notre inventaire », a-t-il déclaré, précisant toutefois que les décisions spécifiques restent à prendre.
Le projet Brakestop fait partie des programmes accélérés grâce auxquels le Royaume-Uni a développé des armes de frappe à longue portée à faible coût pour l’Ukraine. Ces armes, souvent qualifiées de « missiles de croisière à usage unique » ou d’« effecteurs bon marché », privilégient la quantité et l’accessibilité au détriment des performances sophistiquées offertes par des systèmes comme le Storm Shadow. Elles sont généralement conçues avec des structures simples, équipées de composants commerciaux ou automotifs et reposent sur la navigation par satellite plutôt que sur des capteurs militaires coûteux. Ce choix technique permet une production rapide, à grande échelle, et à une fraction du coût d’un missile de croisière classique.
La campagne ukrainienne de drones longue portée contre les raffineries, aérodromes et infrastructures logistiques russes a démontré l’efficacité de ces armes en grand nombre. Les belligérants utilisent désormais des milliers de ces munitions dans le conflit.
Le responsable a souligné que ce projet illustrait parfaitement la réorientation souhaitée par le Plan d’Investissement de la Défense, qui vise à équilibrer les capacités sur les trois domaines d’action. « Il ne suffit plus de détenir de petits stocks d’armes très sophistiquées », a-t-il insisté, en précisant que si les capacités de pointe, telles que les armes anti-bunker, gardent toute leur importance, « les opérations militaires demandent bien plus que ces seules armes haut de gamme ».
Depuis la Revue Stratégique de Défense, de nombreuses entreprises, jusqu’alors méconnues, font désormais leur apparition sur le marché, a ajouté ce même interlocuteur. Le ministère doit cependant faire preuve de discernement face à la multitude d’offres exposées lors d’événements comme le salon DSEI. Il a mis en avant le potentiel des projets similaires à Brakestop de pouvoir être produits sur le sol britannique et d’être exportés vers l’Europe à plus grande échelle.
Le responsable a également précisé qu’une part trop importante du budget dédié aux munitions était jusqu’à présent consacrée à des armes complexes et coûteuses, en quantités limitées. Le nouveau plan vise donc à rééquilibrer cette tendance en favorisant la production rapide, locale, de munitions moins sophistiquées mais en plus grande quantité.
Le ministère relance et maintient aussi les lignes de production pour des armes telles que le missile CAMM, l’ASRAAM et la torpille Stingray. Parallèlement, il amorce une production souveraine des composants énergétiques et explosifs critiques, avec des chaînes de fabrication « toujours actives » qui devraient être pleinement opérationnelles durant cette législature.