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Le 16 août à 4h44, un drone non identifié a été détecté entrant dans l’espace aérien roumain en provenance de la Moldavie, déclenchant une réponse rapide du système de défense de l’OTAN. Deux chasseurs F/A-18 espagnols effectuaient une mission de surveillance aérienne dans le pays, l’un d’eux a détecté le drone avec son radar.

La chaîne d’intervention : la détection initiale provient d’une prise en charge par les radars nationaux roumains, relayée dans le cadre du système intégré de défense aérienne et antimissile de l’OTAN (NATINAMDS). Celui-ci combine des capteurs terrestres, aériens (dont des E-3A AWACS et des drones RQ-4D Phoenix), des centres de commandement et des ressources militaires prêtes à intervenir.

Le contrôle et le suivi automatique ne suffisent pas : il faut distinguer entre trafic civil, militaire légitime et potentiel intrus. Les drones sont particulièrement complexes à identifier en raison de leur petite taille, leur altitude basse et l’absence d’identification coopérative.

Une fois le drone localisé, les avions disponibles dans les bases d’alerte de réaction rapide (QRA) sont guidés vers lui. La réponse armée nécessite une autorisation spécifique. Ici, à 5h01, après autorisation, le F/A-18 espagnol a détruit le drone; les débris seraient tombés dans une zone inhabitée entre deux villages, minimisant les risques au sol.

Les autorités roumaines n’ont pas formellement identifié l’origine du drone, mais un porte-parole de l’OTAN a évoqué une origine russe. Ce drone est le quatrième abattu en Roumanie en 2023, précédés par trois drones russes interceptés par des F-16 roumains en juillet, preuve d’une recrudescence des incursions depuis le début du conflit en Ukraine.

Parallèlement, deux jours avant l’incident roumain, un autre drone a été abattu par un chasseur italien en Lituanie après intrusion dans l’espace aérien letton, illustrant que ce phénomène touche plusieurs pays membres de l’OTAN sur son flanc oriental.

Coût et évolutions des défenses : utiliser des chasseurs et des missiles sophistiqués pour abattre des drones bon marché est un paradoxe coûteux. L’OTAN expérimente donc diverses technologies antidrones, allant des radars et détecteurs de radiofréquences aux brouilleurs et drones interceptant d’autres drones.

Le déploiement de systèmes intermédiaires combinant détecteurs électro-optiques, radars, capteurs acoustiques et guerre électronique est en cours pour permettre une réponse plus graduée et économique face à ces menaces. La secrétaire générale adjointe de l’OTAN souligne le besoin d’améliorer les capacités contre les menaces de basse altitude.

En résumé, le 16 août, la rapidité et la coordination du système de défense aérienne de l’OTAN, combinant détection multisource, décision centralisée et intervention spécialisée, ont permis d’intercepter un drone intrus en territoire allié. À mesure que la menace drone grandit sur le flanc oriental, l’Alliance cherche à diversifier et renforcer ses moyens défensifs au-delà du recours systématique aux chasseurs armés.

Sources : galaxiamilitar