Les États-Unis s’apprêtent à procéder au retrait complet de leurs troupes de Syrie, mettant fin à une présence militaire initialement déployée pour combattre l’État islamique (EI), selon des responsables américains. Cette décision marque la fin d’une intervention militaire américaine de plusieurs années, qui soutenait les efforts antiterroristes dans la région.
Ces préparatifs interviennent après le retrait récent des soldats américains des bases d’al-Shaddadi, dans le nord-est de la Syrie, et d’al-Tanf, dans le sud-est du pays, au début du mois. Un haut responsable de l’administration américaine a indiqué que le départ d’une partie du personnel militaire fait partie d’une transition volontaire et conditionnée.
« Les forces américaines demeurent prêtes à répondre à toute menace liée à l’EI dans la région, tout en soutenant nos partenaires dans leurs efforts pour empêcher la résurgence de ce groupe terroriste », ont déclaré ces responsables. Ils ont ajouté que la présence américaine « à grande échelle » sur le sol syrien n’était plus nécessaire, évoquant la volonté exprimée par le gouvernement du président syrien Ahmad al-Sharaa de prendre en charge la lutte contre les menaces terroristes dans le pays.
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) et le Pentagone ont refusé de commenter ces plans de retrait. Des médias américains avaient déjà évoqué la possible évacuation des troupes.
Des rapports antérieurs concernant un retrait total avaient suscité l’inquiétude de certains élus républicains au Capitole, notamment sur les questions de politique étrangère. Ce mouvement intervient dans un contexte de récents affrontements dans le nord-est de la Syrie, où les forces loyales à Al Sharaa ont lancé une offensive contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées principalement de combattants kurdes et alliées des États-Unis, et ont pris le contrôle de champs pétrolifères stratégiques.
Le mois passé, les FDS et les troupes d’Al Sharaa ont signé un fragile cessez-le-feu soutenu par Washington, avec un accord prévoyant l’intégration des milices kurdes au sein du ministère de la Défense syrien. Ce cessez-le-feu a été abordé la semaine dernière lors de la Conférence de sécurité de Munich, où le secrétaire d’État Marco Rubio a rencontré le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al Shaibani, soulignant l’importance de préserver cet accord.
Le président Donald Trump avait déjà tenté de retirer la totalité des forces américaines de Syrie durant son premier mandat, mais il avait rencontré l’opposition du Pentagone, un différend qui avait conduit à la démission du secrétaire à la Défense de l’époque, Jim Mattis. Depuis, le nombre de soldats américains en Syrie a fluctué, avec une augmentation temporaire après l’attaque de Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avant que le Département de la Défense ne commence à réduire sa présence d’environ 600 militaires l’an dernier, en mettant en avant les progrès accomplis face à l’EI. Le contingent déployé en Syrie est aujourd’hui inférieur à 1000 soldats.
« Le président Trump est déterminé à soutenir une Syrie stable, unie, et en paix avec elle-même et ses voisins. Cela constitue un élément fondamental de sa vision pour un Moyen-Orient pacifique et prospère », ont affirmé les responsables américains. « Une Syrie stable et souveraine est essentielle à la stabilité régionale. Le pays ne doit pas devenir une base pour le terrorisme ni une menace pour ses voisins ou le reste du monde ».