L’armée américaine a officiellement réceptionné son premier exemplaire d’un nouvel hélicoptère Black Hawk modifié, capable de voler sans pilote si nécessaire. Baptisé H-60Mx, cet appareil innovant est conçu pour offrir plusieurs modes de pilotage, incluant un contrôle à distance ou un vol autonome.
Ce vendredi, l’armée a pris possession de ce Black Hawk modifié, décrit comme un « véhicule à pilotage optimal ». L’hélicoptère peut ainsi être piloté par un aviateur à bord, commandé à distance via une tablette ou encore effectuer des missions de manière totalement autonome.
Ce projet est le fruit d’une collaboration entre l’armée, la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) et Sikorsky, le fabricant des Black Hawk. L’une des innovations majeures réside dans l’intégration du système ALIAS (Aircrew Labor In-Cockpit Automation System) développé par DARPA, qui permet de passer d’un mode de pilotage à un autre grâce à des mises à jour logicielles.
L’objectif principal du programme ALIAS, selon l’armée, est « de réduire la complexité du pilotage, d’améliorer la sécurité et de permettre aux pilotes de se concentrer sur des tâches de mission plus complexes ». Ce programme est en développement depuis plusieurs années, initié dans les années 2010.
Stuart Young, responsable du programme ALIAS au sein du Tactical Technology Office de DARPA, a souligné que « le programme ALIAS a permis de développer et de démontrer une architecture d’automatisation puissante et flexible, offrant désormais à l’armée américaine un net avantage opérationnel ». Des tests préliminaires ont montré que les soldats maîtrisaient rapidement la télécommande du Black Hawk via tablette.
Le mode de vol entièrement autonome s’appuie sur le système MATRIX développé par Sikorsky, intégré dans le kit ALIAS. Ce système supervise le contrôle de vol et permet notamment les phases de décollage et d’atterrissage sans pilote à bord. En 2022, DARPA a réalisé avec succès le premier vol d’un Black Hawk totalement sans équipage, durant environ 30 minutes au-dessus de la base de Fort Campbell.
L’armée a développé cet ensemble ALIAS pour en faire un kit OPV (Optimally Piloted Vehicle), permettant de moderniser des hélicoptères existants plutôt que de devoir acquérir de nouveaux appareils. Une évolution matérielle est à noter : le H-60Mx abandonne les commandes mécaniques traditionnelles au profit d’un système « fly-by-wire » électronique. Cette technologie améliore la stabilité et la maniabilité, notamment en conditions difficiles.
Le H-60Mx s’inscrit dans une stratégie globale de renouvellement du Black Hawk, un hélicoptère vieillissant mais fondamental pour l’armée. Récemment, Sikorsky a aussi présenté le S-70UAS dit « U-Hawk », un prototype autonome dérivé du UH-60L dépourvu de cockpit. Celui-ci dispose d’une ouverture avant en forme de coquille permettant le transport de petits véhicules ou de matériel et est destiné à accompagner des hélicoptères avec équipage lors des missions logistiques.
L’armée américaine prévoit d’équiper plusieurs centaines de Black Hawks avec ce kit d’autonomie, dans le cadre d’une intégration accrue de drones et d’équipements télépilotés dans ses opérations.
Cette réception intervient alors que l’armée procède à des suppressions importantes d’emplois dans son aviation, avec la suppression de 6 500 postes d’équipages et de pilotes, une décision qui impacte le moral des personnels concernés.
Le H-60Mx va désormais entrer dans une phase de tests approfondis, qui devrait durer plusieurs mois. Ces essais incluront notamment la mise à l’épreuve des capacités de contrôle à distance dans des scénarios de mission complexes et réalistes, afin de valider pleinement les systèmes embarqués.