La Pologne a conclu un contrat d’une valeur de 47 milliards de couronnes suédoises (4,8 milliards de dollars) avec Saab pour la construction de trois sous-marins A26, produits en Suède. Cette acquisition vise à remplacer les anciens sous-marins Kilo d’origine soviétique.
Cette annonce intervient sept mois après que la Pologne ait officiellement choisi l’offre de Saab face à de nombreux concurrents paneuropéens. La livraison des sous-marins s’effectuera en plusieurs phases, avec une première unité attendue en 2031. Les trois bâtiments, accompagnés d’équipages formés et de l’intégration complète des systèmes, devraient être opérationnels pour 2038.
« Il s’agit d’un contrat important et à long terme qui fera de la Marine polonaise l’une des plus puissantes de l’OTAN. Une solide force sous-marine polonaise renforce la sécurité dans notre mer Baltique commune et au sein de l’alliance », a déclaré le Premier ministre suédois Ulf Kristersson.
Il a également souligné que des centaines d’entreprises polonaises deviendront sous-traitantes de Saab, qui est basée à Linköping et prévoit d’investir jusqu’à 100 millions d’euros (114 millions de dollars) en Pologne.
Micael Johansson, président et directeur général de Saab, a exprimé sa fierté à l’annonce de ce choix : « Nous sommes profondément honorés que la Pologne ait sélectionné les sous-marins Saab pour renforcer ses capacités de défense et consolider le partenariat stratégique entre nos deux pays. Les trois sous-marins A26 répondent aux besoins actuels et futurs de la Pologne et joueront un rôle clé dans la sécurité de la région balte ».
Selon le matériel de présentation de Saab, les sous-marins A26 sont équipés de torpilles de précision à longue portée et peuvent également embarquer des missiles lancés depuis le sous-marin pour frapper des cibles maritimes et terrestres.
Le constructeur met en avant une signature acoustique « extrêmement faible », bien inférieure aux fréquences des sous-marins classiques. L’armement principal des sous-marins polonais sera constitué de torpilles de 400 et 533 mm. Ces sous-marins sont conçus pour des opérations multidomaines, incluant des forces spéciales, et possèdent la capacité de poser des mines sous-marines.
La Agence polonaise d’armement a précisé que le calendrier de livraison est aligné sur les exigences d’infrastructure et sur la nécessaire cohérence dans l’adaptation technologique, opérationnelle et logistique entre le premier bâtiment et les deux suivants en construction. Les dates de livraison ont été fixées à partir d’analyses et de décisions polonaises permettant d’optimiser la configuration des sous-marins, incluant des équipements aux délais de livraison étendus, sans compromettre l’exécution du contrat.
Dans le cadre du protocole d’accord signé, Saab et Polska Grupa Zbrojeniowa envisagent la création d’une entité dédiée au développement ainsi qu’à la maintenance, la réparation et la modernisation des sous-marins de nouvelle génération, notamment ceux acquis par la Pologne.
Un défi de livraison : en dépit de ce contrat important, des retards importants affectent la construction des sous-marins A26 destinés à la Marine suédoise. Deux unités sont en construction depuis 11 ans pour la Svenska Marinen et n’ont pas encore été lancées. Le ministère polonais de la Défense n’a pas détaillé si certains sous-marins seraient des transferts de la Suède, mais le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, a évoqué cette possibilité.

Autres accords de défense entre Varsovie et Stockholm
Par ailleurs, deux autres conventions ont été signées entre la Pologne et la Suède. La première concerne un contrat évalué à environ 1,9 milliard de couronnes suédoises (plus de 195 millions de dollars) portant sur la location du sous-marin HMS Södermanland, de classe A17, comme solution temporaire en attendant la mise en service des A26. Ce contrat comprend l’équipement, l’armement, le soutien technique et la formation. Le HMS Södermanland, régulièrement modernisé par la Suède au cours de sa carrière, sera livré en 2027, après que l’équipage polonais ait achevé sa formation sous la supervision de la Marine royale suédoise. Ce bâtiment naviguera sous pavillon polonais jusqu’à l’arrivée du premier sous-marin de la nouvelle classe.
Enfin, un troisième accord de coopération polono-suédoise a été signé pour l’acquisition d’un navire de secours sous-marin baptisé « Ratownik ». Spécialisé, ce navire aura pour mission principale de soutenir les opérations de sauvetage des sous-marins, y compris les A26. Équipé de systèmes avancés de sauvetage, ce bâtiment jouera un rôle clé dans la protection des infrastructures sous-marines, notamment celles liées à l’énergie et aux télécommunications, telles que câbles et oléoducs dans la mer Baltique.