Le Plan d’Investissement en Défense (DIP), publié après d’importants retards, confirme un engagement majeur en faveur de nouvelles plateformes autonomes qui viendront compléter les capacités habitées dans un avenir proche.
Avant la sortie intégrale du document, on savait que la Royal Navy prévoyait d’abandonner le destroyer Type 83 au profit d’un concept innovant de « système de systèmes » centré sur les futurs Navires de Combat Commun (CCV), capables de coordonner des flottes de navires sans équipage.
Dans ce cadre, il a été révélé que l’armée de Terre britannique débutera le retrait progressif de ses hélicoptères de reconnaissance et d’utilité Wildcat AH1, au profit de systèmes autonomes. Présenté en 2014, le Wildcat AH1 constitue un hélicoptère léger polyvalent de transport et de reconnaissance, déjà testé en coopération avec des drones.
Au total, 34 Wildcat AH1 ont été acquis pour l’armée britannique, tandis que la Royal Navy exploite 28 exemplaires de la version HMA2.
Le Wildcat HMA2, distinct du AH1 par la présence d’un radar Seaspray installé sous le nez, a évolué récemment avec l’ajout d’ailes d’armement capables d’emporter les missiles Martlet et Sea Venom, renforçant ses capacités dans le combat naval et anti-surface.
À ce jour, le devenir des exemplaires Wildcat AH1 excédentaires reste incertain. La Royal Navy pourrait envisager leur transfert, si les budgets le permettent. Un programme de modernisation visant à aligner les AH1 sur le standard HMA2, en intégrant notamment un radar, avait déjà été évoqué. Ce besoin est d’autant plus urgent que la Royal Navy souffre d’une pénurie notoire d’hélicoptères, accentuée par la perte fatale de deux Merlin HC4 depuis 2024.
L’escadron aérien naval 847 opère actuellement le Wildcat AH1 en provenance d’un parc commun à l’armée de Terre, en soutien aux Royal Marines. Ce petit escadron pourrait s’agrandir et gérer les AH1 en autonomie, sous réserve des décisions budgétaires et stratégiques. À défaut, son extinction est probable et ses missions pourraient être absorbées par les unités HMA2 déjà très sollicitées.
Des interrogations subsistent quant à la capacité des drones à compenser le retrait du Wildcat AH1. Si ces systèmes non habités assurent une excellente surveillance, renseignement et reconnaissance (ISR), ils ne peuvent actuellement remplacer le rôle polyvalent de transport sécurisé du personnel et du matériel sur le champ de bataille, ni mener des missions spécialisées à haut risque telles que le combat search and rescue (CSAR).
Avec la mise à la retraite des AH1, le Corps aérien de l’armée de Terre britannique se réduira à seulement deux types d’hélicoptères : une cinquantaine de AH-64E Apache et un petit nombre de Dauphin AH1 exploités par l’Escadron 658 en soutien aux forces spéciales. Le futur AW149, projet phare du programme d’Hélicoptères Moyens, est destiné à appuyer l’armée britannique mais sera exploité par la Royal Air Force, comme les anciens Puma retirés qu’il doit remplacer.
Par ailleurs, le DIP confirme également le retrait progressif des Chinook HC6A les plus anciens. Bien que la date d’une nouvelle commande reste incertaine, 14 versions H-47ER sont en cours de production pour assurer leur remplacement. Les Chinook britanniques sont appelés à évoluer vers une force polyvalente capable d’intégrer des systèmes sans équipage tout en maintenant leur rôle de transport aérien.
Kai Greet