Andy Burnham s’engage à combler le déficit de 4,7 milliards dans le plan d’investissement de la défense. Lors de sa première prise de parole publique sur ce sujet, le futur Premier ministre a assuré qu’il veillerait à ce que le plan de défense soit intégralement financé, malgré le manque à gagner signalé dans ce dossier.
Cette déclaration a été faite au cours d’une session de questions-réponses sur le forum r/ukpolitics de Reddit, où le député travailliste de Makerfield, attendu à Downing Street d’ici la fin du mois, a été interpellé sur ses impressions quant au plan de défense.
« Le monde évolue rapidement et les défis se multiplient », a répondu Andy Burnham. « Le plan d’investissement en défense représente un tournant dans la réponse du Royaume-Uni à cette nouvelle réalité, et je m’assurerai qu’il soit entièrement financé. »
Ce plan, publié le 30 juin, bénéficie d’une augmentation de 15 milliards de livres sterling des capacités financières du Ministère de la Défense sur quatre ans. Cependant, la déclaration conjointe du Trésor indiquait que seulement deux tiers de cette somme étaient déjà assurés. Le document explicatif du gouvernement précise que ce budget est principalement financé par un rééquilibrage des crédits entre différents ministères, avec 10,3 milliards de livres identifiés, principalement issus d’une contribution d’1 % sur les budgets d’investissement de chaque département, ainsi que de prélèvements plus importants sur le budget des infrastructures routières et du ministère de l’Énergie.
Une analyse de l’International Institute for Strategic Studies révèle un déficit supplémentaire de 4,7 milliards, dont le financement doit être décidé lors du Budget 2026, échéance budgétaire qui incombe désormais à Andy Burnham et à son chancelier.
Des sources proches de Burnham ont indiqué que ce trou financier a surpris son équipe. Un ministre de la Défense a suggéré que Burnham n’en aurait été informé que le jour même de la publication, bien qu’il ait eu accès à la majeure partie du contenu du plan lors d’échanges avec la fonction publique. Il aurait même demandé un report de la publication afin de mieux gérer lui-même ce défi. Burnham a déjà déclaré qu’il maintiendrait les règles fiscales en vigueur, excluant ainsi tout recours à l’emprunt pour combler le déficit, laissant comme seules options des réductions budgétaires supplémentaires dans d’autres ministères ou une hausse des impôts.
Dan Jarvis, secrétaire à la Défense, a rejeté l’idée que ce report constitue une bombe à retardement pour le futur Premier ministre. Il a confié aux médias qu’il avait reçu l’assurance qu’« en tant que Premier ministre, Andy Burnham s’assurera que les investissements nécessaires en matière de défense seront réalisés », tout en précisant que des échanges avec Burnham seraient nécessaires. Il a par ailleurs estimé que finaliser ces engagements lors d’un grand rendez-vous budgétaire était une pratique raisonnable. En revanche, le Parti conservateur a critiqué cette situation, un porte-parole qualifiant ce mécanisme de « poison à retardement », tandis que Sir Liam Fox, ancien secrétaire à la Défense, a employé des termes similaires pour décrire le défi qui attend Burnham.