La PME britannique MGI Engineering a présenté son nouvel aéronef de combat autonome, le T-022 Vortex, développé en réponse au programme StormFighter du Royaume-Uni, a annoncé l’entreprise.
Basée dans l’Oxfordshire, la société décrit le Vortex comme la première plateforme collaborative autonome construite au Royaume-Uni, un aéronef sans pilote conçu dès l’origine pour opérer aux côtés de jets pilotés dans le cadre d’une équipe coordonnée. Cette annonce fait suite aux essais réussis du programme TigerShark à longue portée, menés dans le cadre du projet BRAKESTOP du ministère britannique de la Défense.
Selon MGI Engineering, l’appareil atteint un poids maximal au décollage de 3 500 kg, dispose d’une autonomie dépassant 4 000 km et peut atteindre une vitesse maximale proche de Mach 0,85. Il peut emporter une charge utile allant jusqu’à 1 000 kg répartie sur quatre points d’emport d’armes ou de capteurs, internes et externes. Son coût unitaire est estimé entre 3 et 6 millions de livres sterling, en fonction de l’équipement embarqué. Le moteur choisi est un Rolls-Royce Orpheus ou un turbomoteur équivalent, délivrant une poussée comprise entre 12 et 16 kilonewtons.
Le Vortex a été conçu pour le travail en équipe homme-machine, permettant à un seul avion piloté, comme un Typhoon ou un F-35, de commander plusieurs plateformes Vortex autonomes en tant qu’ailiers automatisés. Ces unités peuvent partager leurs données de capteurs et exécuter des missions coordonnées sans intervention directe d’un opérateur au sol pour chaque décision. Dans un espace aérien contesté où les communications peuvent être brouillées, l’appareil est capable de continuer son action de manière indépendante.
MGI positionne le Vortex dans le cadre du programme britannique Autonomous Collaborative Platforms, initiative soutenue par le ministère de la Défense visant à développer des drones abordables pour renforcer la portée des forces pilotées de la RAF. Ce programme, baptisé StormFighter, bénéficie d’un financement de 300 millions de livres dans le plan d’investissement défense.
Mike Gascoyne, PDG de MGI Engineering, a déclaré : « Vortex est la suite logique de notre travail entamé avec les projets SkyShark et TigerShark. Ce n’est pas une expérimentation, mais un aéronef de combat collaboratif pleinement opérationnel, conçu à un coût permettant un déploiement à grande échelle. Cela révolutionne l’économie de la puissance aérienne et modifie l’analyse des risques. Vous pouvez engager Vortex dans les environnements les plus dangereux sans exposer de pilote. »
L’appareil mesure 11 mètres de long avec une envergure de 7,6 mètres, soit des dimensions comparables à un avion de combat léger. Il peut évoluer à des altitudes comprises entre 20 et 12 000 mètres. MGI estime que le Vortex est performant sur un large spectre de missions : collecte de renseignements, guerre électronique, frappe et suppression des défenses aériennes ennemies.
Le Vortex rejoint la famille grandissante de plateformes autonomes développées par MGI, comprenant le SkyShark, drone unidirectionnel à courte portée, le TigerShark, missile de croisière longue portée, ainsi que le LeopardShark, plateforme économique dérivée d’une version réutilisable du TigerShark.
Cette présentation illustre l’intérêt croissant de l’industrie envers la compétition StormFighter, qui attire autant les grands industriels que les entreprises de taille moyenne. Récemment, BAE Systems a révélé son prototype souverain d’aéronef de combat collaboratif, le Brontanax, lors du salon aéronautique de Farnborough. Mike Gascoyne, fondateur de MGI, est reconnu dans les milieux de l’ingénierie, notamment pour sa carrière en aérodynamique en Formule 1 avant de se tourner vers l’aérospatial. Sa société a choisi de se spécialiser dans les systèmes autonomes à faible coût et à développement rapide, plutôt que dans les programmes traditionnels d’avions pilotés de grande envergure.