Un drone non identifié, probablement russe, a été abattu ce vendredi au-dessus de la Roumanie. Un chasseur F-16 roumain a réussi, sous ordre de l’OTAN, à intercepter et détruire cet aéronef sans pilote après un premier essai infructueux effectué par des Eurofighters italiens. La présence de ce drone dans l’espace aérien roumain a duré plus d’une heure.
Selon le ministère de la Défense à Bucarest, le drone a été détecté à 09h39 heure locale (08h39 heure d’été d’Europe centrale) à l’est de Sulina, ville côtière marquée en bleu sur la carte (voir schéma). L’interception a eu lieu à 11h02 à proximité du village de Padina, indiqué en rouge, par un F-16 des forces armées roumaines.
« Un chasseur F-16 de la base aérienne 86 de Fetești, engagé dans une mission de police du ciel pour surveiller un véhicule aérien sans pilote ayant violé l’espace aérien national, a intercepté la cible avec un missile air-air et l’a neutralisée au-dessus d’une zone non peuplée près de Padina, dans le comté de Buzău », précise un communiqué officiel.
Le drone a été détecté à une vingtaine de kilomètres à l’est de Sulina et a traversé l’espace aérien national en suivant une trajectoire Sulina–Brăila–Fetești–Buzău. Pour cette opération, deux Eurofighters Typhoon italiens, déployés à la base aérienne 57 « Mihail Kogălniceanu » dans le cadre du service de police du ciel de l’OTAN, et deux F-16 roumains de la base de Fetești ont été mobilisés dès 09h48 et 10h56 respectivement.
Le Centre national de commandement militaire a alerté le Service général d’inspection des situations d’urgence (IGSU) et déclenché des protocoles d’alerte à destination des populations des comtés de Tulcea et Brăila. Des notifications RO-Alert ont été envoyées à la population.
Lors d’une conférence de presse, les chefs militaires roumains ont expliqué que les Eurofighters italiens avaient bien identifié la menace mais que leur tir de missile avait raté sa cible. Le succès est ensuite revenue au pilote roumain, qui a abattu le drone à environ 25 kilomètres plus loin.
L’opération a été coordonnée par le Centre de commandement aérien combiné (Combined Air Operations Center, CAOC) de Torrejon en Espagne, chargé des opérations dans le sud de l’espace aérien OTAN. Les Eurofighters italiens opèrent en rotation avec d’autres nations dans le cadre du renforcement du Air Policing de l’alliance en Roumanie. Une attention particulière a été portée à ce que le drone soit abattu au-dessus d’une zone faiblement peuplée afin de limiter les risques collatéraux.
Les premières analyses, confirmées par le ministre de la Défense Radu Miruță et l’armée roumaine, indiquent qu’il s’agirait d’une drone Shahed russe, probablement équipé d’une charge explosive.
Le commandement aérien de l’OTAN à Ramstein a déclaré que l’engagement a été rapide après l’entrée du drone dans l’espace aérien roumain :
« Le matin du 24 juillet 2026, deux F-16 roumains basés à Fetești et deux Eurofighters italiens basés à Mihail Kogălniceanu ont été déployés sous le contrôle de l’OTAN pour identifier un drone inconnu volant à proximité de l’espace aérien roumain. Le drone a été promptement identifié et, après avoir franchi la frontière aérienne, les actifs de l’OTAN ont été autorisés à engager la cible. La menace a rapidement été neutralisée. Cet effort multinational souligne la capacité permanente de l’OTAN à réagir face à toute menace aérienne potentielle afin de protéger notre territoire et population. »
Cette intervention illustre également les efforts en cours pour renforcer la défense antimissile et anti-drones des alliés. La Roumanie a notamment acquis le système MEROPS, conçu pour intercepter les petites plates-formes aériennes sans pilote. Toutefois, la défense contre les drones au sein du flanc sud-est de l’OTAN reste encore largement dépendante de moyens coûteux comme les chasseurs équipés de missiles air-air.
(Carte : OpenStreetMap avec localisation de Sulina en bleu et Padina en rouge)