Plus de 60 chefs des forces aériennes et spatiales du monde entier se sont réunis à Londres pour l’ouverture de la Conférence mondiale 2026 des chefs de l’air et de l’espace, organisée à l’Institution of Engineering and Technology, à Savoy Place. Le Chef d’état-major de l’Air, le Maréchal de l’air Harv Smyth, s’est adressé à une salle comble et visiblement enthousiaste, en rappelant que les forces aériennes mondiales sont en première ligne face à un environnement sécuritaire plus instable que jamais depuis plusieurs décennies.
Cette conférence de deux jours, orchestrée par l’Air and Space Power Association, porte sur la maîtrise des espaces aérien et spatial grâce à l’agilité, l’intégration et la préparation opérationnelle. Les sessions abordent des thématiques majeures telles que le renforcement de la dissuasion nucléaire, les enjeux spatiaux, la défense aérienne et antimissile intégrée ainsi que les enseignements tirés des conflits actuels. Smyth, ancien pilote de Harrier originaire de Lurgan et premier commandant britannique dans l’espace avant de devenir Chef d’état-major de l’Air en août dernier, accueille pour la première fois alliés, industriels et universitaires à cette édition.
« L’environnement mondial de sécurité est sans doute plus complexe et volatile aujourd’hui qu’il ne l’a été depuis de nombreuses décennies », a-t-il souligné, en évoquant les conflits persistants en Europe de l’Est et au Moyen-Orient, ainsi que la montée des tensions dans la région indo-pacifique. « Les secousses géopolitiques que nous observons impactent directement nos réalités opérationnelles, exigeant de nous d’agir plus vite, de repenser nos approches, de rompre avec le statu quo et d’innover à un rythme sans précédent. » Selon lui, le rythme effréné des évolutions en matière de capacités numériques, d’intelligence artificielle et d’autonomie représente à la fois le plus grand défi et la meilleure opportunité pour les forces aériennes. Toutefois, la technologie reste vaine sans un cadre conceptuel solide, des personnels compétents et un entraînement adapté.
Le but de cette conférence, a poursuivi Smyth, est de dépasser la simple coopération pour atteindre une intégration fluide entre tous les domaines opérationnels, rappelant qu’aucun pays ne peut assurer sa sécurité seul. « Les alliances et les amitiés personnelles nouées ici en temps de paix seront la clé pour soutenir nos opérations conjointes en temps de crise et de conflit », a-t-il affirmé, avant de conclure sur une phrase qui a suscité l’approbation générale : « La confiance ne se crée pas à la vitesse d’un cycle d’alerte. » La confiance, a-t-il expliqué, se construit dans des espaces comme celui-ci, à travers un dialogue sincère et un apprentissage partagé, invitant les délégations à interroger les intervenants et à poser les questions difficiles durant les débats des deux prochains jours.
L’Air Marshal (retraité) Greg Bagwell, président de l’Air and Space Power Association et ancien commandant adjoint des opérations, a ouvert les travaux en soulignant l’atmosphère particulière de cette édition, dixième organisée en partenariat avec l’IET. Il a également attiré l’attention des participants sur la nouvelle publication de l’association, World War 3.0, qui présente dix scénarios basés au Royaume-Uni illustrant pour le grand public la signification de la puissance aérienne et spatiale dans un conflit futur. « Ce n’est pas vraiment un livre pour les personnes présentes dans cette salle », a-t-il précisé. « C’est un livre destiné à ceux qui ne comprennent pas encore, ne croient pas ou ignorent encore complètement ces réalités. »