La modernisation du bombardier stratégique B-52 avance avec l’attribution de contrats majeurs à Raytheon et Boeing par l’US Air Force, totalisant plus de 766 millions de dollars.
Raytheon est chargé de produire le radar AESA AN/APQ-188, destiné à remplacer l’ancien système mécanique AN/APQ-166. Ce radar, dérivé de celui utilisé sur le chasseur F/A-18, doit améliorer sensiblement les capacités du B-52 en matière de détection et de suivi des menaces, ainsi que la précision de navigation et la cartographie à haute résolution. Conçu pour fonctionner sans éléments mécaniques mobiles, ce radar électronique multifonctionnel offre une meilleure fiabilité, une maintenance réduite et la capacité de continuer à opérer même en cas de défaillance de certains modules. Le travail doit être achevé d’ici le 20 août 2031.
De son côté, Boeing a obtenu un contrat de 163 millions de dollars pour la modernisation des racks de bombes du B-52. Ces kits s’inscrivent dans le cadre d’une série d’améliorations plus larges portant sur les capteurs, l’avionique et les systèmes d’armes, avec un objectif de finalisation en décembre 2028.
Au total, le programme de modernisation du B-52 comprend 13 volets différents tels que la motorisation, les communications, les logiciels et les armements, pour un budget global estimé à environ 21 milliards de dollars.
Cependant, dix de ces programmes rencontrent des dépassements de coûts, des retards ou d’autres risques, notamment le Programme de Remplacement Commercial des Moteurs (CERP). Ce dernier a vu son coût prévu augmenter de 3 milliards depuis 2023, pour atteindre 15,4 milliards de dollars, avec un retard de 15 mois dans le calendrier. Ces retards compliquent la maintenance des moteurs Pratt & Whitney TF33 actuels, susceptibles de provoquer une baisse de disponibilité opérationnelle des 76 B-52 actifs.
Malgré ces risques, l’US Air Force envisage de lancer la production des nouveaux moteurs avant la fin des essais en vol. Un avis partagé partiellement avec le Government Accountability Office, qui recommande prudence et évaluation approfondie avant cette étape.
En résumé, ces mises à jour techniques et logicielles visent à maintenir le B-52 en service et opérationnel jusqu’à au moins 2050, en lui apportant une capacité significativement renforcée face aux menaces modernes.