Le Premier ministre britannique a révélé lors de son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies à New York que des agences russes ont tenté d’interférer dans les élections générales britanniques de 2019.
Selon lui, cette ingérence s’inscrit dans une campagne à grande échelle de désinformation orchestrée par le Kremlin, qui déploie environ 1,3 milliard de livres sterling chaque année pour manipuler l’information. Cette opération inclut l’utilisation de bots, la création de sites internet factices, la falsification d’articles et même la contrefaçon de l’identité visuelle de 28 organisations britanniques telles que des universités et la BBC.
Dans ce cadre, les agences russes ont également amplifié les discours d’extrême droite et tenté de susciter des tensions à la suite d’événements tragiques au Royaume-Uni. Le Premier ministre a qualifié ces actes de répugnants, mais caractéristiques des méthodes employées.
Conscient de la fragilité des populations face à ces manipulations, notamment celles confrontées à des difficultés économiques ou sociales, il a insisté sur le fait que la sécurité commence dans chaque foyer.
Pour contrer cette menace, il a annoncé la création d’un Nouveau Centre national de défense de l’information, piloté par les services de sécurité. Ce centre aura pour mission de détecter, attribuer et perturber ces attaques informationnelles hostiles afin de protéger la démocratie britannique.
Le Royaume-Uni s’engage également à partager son expertise avec d’autres pays confrontés à des risques similaires et a déjà apporté son soutien à la Moldavie pour sécuriser ses élections face à des tentatives d’ingérence russes. À l’approche d’élections en Europe, ce partage de connaissances se veut renforcé.
En parallèle des campagnes de désinformation, les cyberattaques visant les entreprises et institutions britanniques restent une menace majeure, amplifiée par les progrès de l’intelligence artificielle.
Ce dispositif s’ajoute à un ensemble de mesures gouvernementales, dont la révision accélérée des « War Books » (ouvrages de guerre) dans le cadre du programme national de défense intérieure, et une future campagne nationale de sensibilisation à la résilience, tandis que le Ministre de la Défense prévoit prochainement une consultation parlementaire sur ces enjeux sécuritaires.
