Les États-Unis ont annoncé la réimposition à partir de mardi d’un blocus du détroit d’Hormuz, suite à une recrudescence des affrontements avec l’Iran la semaine dernière, a indiqué le Commandement central américain (CENTCOM) lundi après-midi.
Les responsables du CENTCOM ont confirmé cette mesure quelques heures après que le président Donald Trump l’a annoncée, précisant également que les États-Unis envisagent de taxer le passage de toutes les cargaisons traversant ce passage stratégique, afin de financer ce que le président a qualifié de « mission de sécurité et de protection » dans cette zone maritime. Le blocus, ciblant le trafic « entrant et sortant des ports iraniens », prendra effet à 16 heures, heure de l’Est, le mardi 14 juillet, selon les autorités militaires américaines.
« Nous rétablissons LE BLOCUS IRANIEN, ainsi nommé car il ne concerne que les navires et clients iraniens qui tentent d’entrer ou de sortir », a écrit Donald Trump sur les réseaux sociaux. « Tous les autres pays bénéficieront d’un passage libre et équitable dans le détroit. »
En parallèle, le président américain a indiqué que les États-Unis comptaient, dans un geste sans précédent, prélever un lourd péage sur les cargaisons non iraniennes, assimilé à une taxe de protection.
« Par souci d’ÉQUITÉ », a-t-il tweeté, « les États-Unis seront remboursés à hauteur de 20 % sur toutes les cargaisons expédiées, pour couvrir l’ensemble des coûts liés à la mission de sécurité ».
Les responsables du CENTCOM ne se sont pas prononcés sur la mise en œuvre concrète de cette taxe dans le cadre du blocus.
Ce détroit stratégique est vital pour l’économie mondiale : en temps normal, environ 20 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour, soit une valeur estimée à 1,6 milliard de dollars au prix du baril fixé à environ 80 dollars le 13 juillet.
« Tous les marins sont invités à suivre les avis aux navigateurs et à contacter les forces navales américaines sur le canal de communication 16 lors de leurs opérations dans le golfe d’Oman et les abords du détroit d’Hormuz », indique un message du CENTCOM. Des informations complémentaires seront communiquées via un avis officiel destiné aux marins commerciaux.
Les hostilités ont repris récemment après que des forces iraniennes ont tiré sur trois navires commerciaux dans le golfe d’Oman. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a déclaré que ces embarcations tentaient de franchir le détroit sans autorisation. En riposte, les États-Unis ont lancé une première série de quatre frappes contre des positions iraniennes. Donald Trump a par la suite déclaré que le cessez-le-feu issu d’un mémorandum d’entente était désormais « terminé ».
Depuis le lundi précédent, les États-Unis ont mené plus de 300 frappes dans plusieurs régions d’Iran, touchant notamment le port de Bandar Abbas et l’île de Qeshm. Certains raids, notamment ceux menés durant le week-end, ont fait des victimes dans le sud du pays, selon des médias iraniens.
En riposte, l’Iran a visé des bases américaines en Jordanie et dans plusieurs États du Golfe, utilisant drones et missiles.
Donald Trump a insisté sur le fait que ce nouveau blocus vise uniquement « les navires iraniens ou leurs clients ». Le premier blocus américain avait été mis en place à la mi-avril, alors que l’Iran avait déjà commencé à restreindre le trafic maritime dans la région. Ces mesures concurrentes ont perduré pendant deux mois, alors que chaque camp cherchait un accord pour mettre fin aux hostilités et rouvrir un passage maritime jusqu’alors libre.
En théorie, le blocus américain ciblait uniquement les navires en provenance ou à destination des ports iraniens, mais dans les faits, il a affecté le trafic à travers le détroit, par lequel transite une part importante du pétrole et autres ressources énergétiques mondiales.
Après la reprise des combats, Téhéran a annoncé la fermeture temporaire du détroit à tout trafic. Toutefois, Washington et le CENTCOM affirment régulièrement que le passage reste ouvert.
Outre les forces aériennes et terrestres déployées dans la région, la Marine américaine maintient une forte présence navale autour du détroit. Les groupes aéronavals des porte-avions USS Abraham Lincoln et USS George H.W. Bush sont actuellement déployés dans la mer d’Arabie, accompagnés de plusieurs destroyers autonomes.
Le groupe amphibie Boxer, embarquant plus de 2 000 marines de la 11e unité expéditionnaire de marine, est arrivé début juillet dans la zone de responsabilité du CENTCOM, en relève du groupe amphibie Tripoli.
Lors du précédent blocus, l’armée américaine a redirigé 142 navires commerciaux tentant de franchir le détroit. Elle a également tiré sur neuf bâtiments cherchant à forcer le passage malgré les avertissements, en neutralisant certains d’entre eux. Un des derniers incidents avant le cessez-le-feu a conduit à la mort de trois marins indiens, lorsqu’un appareil américain a lancé des « munitions de précision » dans la salle des machines du MT Settebello.