Le Premier ministre britannique a confirmé devant la Chambre des communes son engagement à atteindre une dépense de 3 % du produit intérieur brut (PIB) en faveur de la défense d’ici 2030, en réponse à une question pressante sur la nécessité d’agir sans attendre un prochain événement fiscal.
Tanmanjeet Singh Dhesi, député travailliste et président du comité de la Défense, avait interpellé le Premier ministre sur la hausse significative des menaces, notamment de la part de la Russie, et sur le recul de l’intérêt des États-Unis pour la sécurité européenne. Il a insisté sur l’urgence d’investir dans les forces armées dès aujourd’hui, plutôt que de reporter ces décisions à plus tard.
En réponse, Andy Burnham a réaffirmé cet engagement clairement et de longue date, précisant avoir même rappelé cette position lors de son récent déplacement en Ukraine. Il a également souligné l’importance de renforcer la résilience nationale, notamment en réorientant au maximum les fonds du plan d’investissement dans la défense vers la réindustrialisation locale et le maintien des capacités de production souveraines britanniques.
Cette problématique divise toutefois la manière de procéder. Le Gouvernement a jusqu’ici évité de détailler un plan précis pour atteindre cette cible sans passer par un événement budgétaire futur, argumentant que l’annonce d’un chiffre sans explication sur son financement pourrait nuire à la confiance des marchés financiers. Le secrétaire à la Défense, Wes Streeting, a affirmé sa confiance dans le financement complet du Plan d’Investissement Défense (PID) et a laissé ouverte la possibilité de hausses d’impôts.
L’Office for Budget Responsibility estime que viser 3 % du PIB en budget défense coûterait 17,3 milliards de livres supplémentaires pour l’année 2029-2030. Cette ambition s’inscrit aussi dans un contexte international, puisque l’OTAN a décidé lors du sommet de La Haye d’aller vers un objectif de 3,5 % du PIB en dépenses militaires d’ici 2035.
Enfin, le gouvernement met en avant les retombées industrielles des dépenses actuelles. En 2024-2025, 31,9 milliards de livres ont été dépensés dans l’industrie de défense, soutenant 274 000 emplois au Royaume-Uni. Parmi eux, 12 200 postes directs sont en Écosse, principalement dans la construction navale et le secteur des sous-marins. Le nombre d’emplois liés à la fabrication d’armes et munitions a également augmenté de 51 % au niveau national, signe d’une volonté de maintenir une production continue et pérenne.
