Article de 446 mots ⏱️ 3 min de lecture

La Pologne accélère la construction de la plus grande armée terrestre d’Europe tout en renforçant sa production nationale et régionale de matériel militaire. Face à la menace russe et à l’instabilité provoquée par le conflit en Ukraine, Varsovie réduit sa dépendance envers des fournisseurs éloignés en s’appuyant sur des entreprises de défense polonaises et de pays d’Europe centrale.

Le budget de la défense polonaise a connu une croissance spectaculaire : les acquisitions auprès d’entreprises nationales et des coopérations régionales ont quadruplé depuis 2022, atteignant 30,4 milliards de zlotys (environ 8,15 milliards de dollars) l’an dernier. En 2023, la Pologne prévoit de consacrer environ 53 milliards d’euros à ses dépenses de défense, ce qui la place au quatrième rang en Europe derrière la France, l’Italie et l’Allemagne, avec un effort équivalent à 4,7% de son PIB.

Si des systèmes coûteux tels que les missiles américains Patriot, les chars Abrams ou les avions F-35 restent essentiels, les autorités polonaises mettent désormais l’accent sur la production locale et régionale de drones, de munitions et d’équipements militaires fréquemment utilisés. Cette stratégie vise aussi à garantir une autonomie en termes d’approvisionnement, un enjeu vital en période de conflits où les stocks peuvent être rapidement épuisés.

Une coopération accrue se met en place avec des acteurs d’Europe centrale : la société tchèque CSG, principal fournisseur de munitions à l’Ukraine, a conclu plusieurs accords pour transférer des technologies et étendre sa production en Pologne, notamment via la filiale du groupe polonais PGZ. D’autres partenariats sont en cours avec la Slovaquie et la Hongrie, illustrant un changement régional vers une défense plus autonome.

Des alliances stratégiques voient également le jour, comme le partenariat entre PGZ et l’estonien Frankenburg Technologies pour produire des systèmes de défense aérienne à courte portée ou entre le polonais Grupa Niewiadow et KNDS Ammo France pour la fabrication de munitions. Rheinmetall, groupe allemand, investit aussi sur place pour développer des capacités industrielles et un centre de maintenance régional.

Le vice-ministre des Actifs d’État, Konrad Golota, souligne que toute entreprise souhaitant fournir l’armée polonaise doit investir sur le sol national, transférer des technologies et travailler en collaboration pour renforcer les capacités locales. La Pologne, avec plus de 220 000 soldats, est ainsi en voie de tenir son ambitieux objectif de consacrer 5% de son PIB à la défense d’ici 2035, confirmant son rôle clé au sein de l’OTAN et en Europe.

Sources : galaxiamilitar